{"id":2824,"date":"2013-10-25T17:45:11","date_gmt":"2013-10-25T15:45:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odilemojon.fr\/?page_id=2824"},"modified":"2024-07-10T12:10:19","modified_gmt":"2024-07-10T10:10:19","slug":"les-yeux-du-futur","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.odilemojon.com\/?page_id=2824","title":{"rendered":"Afrique"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Cette page, est consacr\u00e9e aux projets pour l&rsquo;Afrique. <\/p>\n\n\n\n<p>Pour la r\u00e9gion des Grands Lacs, je propose notamment <a href=\"http:\/\/sulayaamani.com\/\">le projet Sula Ya Amani<\/a>, pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Paris le 9 janvier dernier dans <a href=\"https:\/\/youtu.be\/wnFEUrZF9fA?si=JyPVdD1OR2dqUdx_\">une conf\u00e9rence intitul\u00e9e \u00ab\u00a0L&rsquo;eau pour la paix\u00a0\u00bb<\/a> organis\u00e9e par l&rsquo;Institut Schiller et \u00e0 laquelle j&rsquo;intervenais moi-m\u00eame.<\/p>\n\n\n<p>Pour donner un sens plus pouss\u00e9 de ce qui serait envisageable pour l&rsquo;Afrique, et qui s&rsquo;ins\u00e8re dans la logique m\u00eame des BRICS et de la volont\u00e9 de d\u00e9veloppement du Sud plan\u00e9taire, voici le dossier que Solidarit\u00e9 et Progr\u00e8s a publi\u00e9 sur son site en 2007.\u00a0 Il est le fruit de r\u00e9flexions et de nombreuses discussions de part et d&rsquo;autre de la M\u00e9diterran\u00e9e engag\u00e9es sur de longues ann\u00e9es. C&rsquo;est forte de ses enseignements et des \u00e9changes que j&rsquo;ai eus avec les Africains eux-m\u00eames, qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, en tant que candidate dans la 10\u00e8me circonscription des Fran\u00e7ais de l&rsquo;\u00e9tranger, je propose qu&rsquo;ils soient mis au coeur d&rsquo;une nouvelle politique \u00e9trang\u00e8re de la France dans laquelle les expatri\u00e9s seront des parties prenantes.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agit pas pour la France, comme certains l&rsquo;imaginent d&#8217;embl\u00e9e, de financer ces projets mais d&rsquo;apporter un soutien politique ou technique en tant que de besoin.<\/p>\n<h1 class=\"crayon article-titre-3629 \">\u00a0<\/h1>\n<h3 class=\"crayon article-titre-3629 \">Afrique\u00a0: de grands projets pour le XXI\u00e8me si\u00e8cle<\/h3>\n<div class=\"crayon article-descriptif-3629 descriptif\" dir=\"ltr\">\n<p>La premi\u00e8re mission de l\u2019Europe et de l\u2019Asie r\u00e9unies par le Pont terrestre eurasiatique sera de fournir \u00e0 l\u2019Afrique les moyens de son d\u00e9veloppement, de mani\u00e8re \u00e0 ce que son capital humain puisse s\u2019y d\u00e9velopper en toute libert\u00e9. D\u2019une part en y promouvant l\u2019\u00e9quipement infrastructurel et social, d\u2019autre part en organisant dans chaque pays un vecteur scientifique tirant les \u00e9conomies. C\u2019\u00e9tait le r\u00eave d\u2019un Cheikh Anta Diop, il est plus que temps de le r\u00e9aliser. Les \u00ab\u00a0nations n\u00e8gres\u00a0\u00bb, berceau de l\u2019humanit\u00e9, ont le droit fondamental de retrouver leur culture dans l\u2019essor des pouvoirs cr\u00e9ateurs de leurs citoyens.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"champ contenu_texte\">\n<div class=\"crayon article-texte-3629 texte\" dir=\"ltr\">\n<div id=\"outil_sommaire\" class=\"cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond\">\n<div class=\"cs_sommaire_inner\">\n<div class=\"cs_sommaire_titre_avec_fond cs_sommaire_replie cs_done\">\u00a0 Sommaire<\/div>\n<div class=\"cs_sommaire_corps\">\n<ul>\n<li>Afrique\u00a0: de grands projets pour le XXI\u00e8me si\u00e8cle\n<ul>\n<li>I &#8211; Un r\u00e9seau de chemins de fer transcontinental<\/li>\n<li>II &#8211; Le Projet Transaqua\u00a0: une id\u00e9e pour le Sahel<\/li>\n<li>III &#8211; D\u00e9velopper le bassin du Nil<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<dl class=\"spip_document_10563 uneimage uneimage_center spip_documents spip_documents_center\">\n<dt><a class=\"cboxElement hasbox\" title=\"\" href=\"https:\/\/solidariteetprogres.fr\/IMG\/jpg\/barrage_hydroelectrique_guinee1.jpg\" type=\"image\/jpeg\"> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/solidariteetprogres.fr\/local\/cache-vignettes\/L500xH282\/barrage_hydroelectrique_guinee1-c2529-301be.jpg?1653085150\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"282\" \/> <\/a><\/dt>\n<\/dl>\n<div class=\"texteencadre-spip spip\">\n<p>La justice envers l\u2019Afrique et ses peuples, exige que nous ne nous soumettions plus \u00e0 la mondialisation financi\u00e8re, et que nous lui fournissions les moyens de son propre d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Nous pr\u00e9sentons ici, trois grands projets-phares infrastructurels\u00a0: un r\u00e9seau de chemins de fer transcontinental\u00a0; le Projet Transaqua de transfert d\u2019eau du Sahel\u00a0; le d\u00e9veloppement du bassin du Nil.<\/p>\n<\/div>\n<p>La premi\u00e8re mission de l\u2019Europe et de l\u2019Asie r\u00e9unies par le Pont terrestre eurasiatique sera de fournir \u00e0 l\u2019Afrique les moyens de son d\u00e9veloppement, de mani\u00e8re \u00e0 ce que son capital humain puisse s\u2019y d\u00e9velopper en toute libert\u00e9. D\u2019une part en y promouvant l\u2019\u00e9quipement infrastructurel et social, d\u2019autre part en organisant dans chaque pays un vecteur scientifique tirant les \u00e9conomies. C\u2019\u00e9tait le r\u00eave d\u2019un Cheikh Anta Diop, il est plus que temps de le r\u00e9aliser. Les \u00ab\u00a0nations n\u00e8gres\u00a0\u00a0\u00bb, berceau de l\u2019humanit\u00e9, ont le droit fondamental de retrouver leur culture dans l\u2019essor des pouvoirs cr\u00e9ateurs de leurs citoyens. Pour cela\u00a0:<\/p>\n<ol class=\"spip\">\n<li>Il faut d\u2019abord, ce qui est essentiel \u00e0 la r\u00e9ussite de toute initiative, sortir du syst\u00e8me d\u2019ajustements structurels du Fonds mon\u00e9taire international qui d\u00e9truit la sant\u00e9, l\u2019\u00e9ducation, la fonction publique et les infrastructures.<\/li>\n<li>On doit lui substituer la promotion de grands projets infrastructurels. Trois projets-phares sont\u00a0:\n<ul class=\"spip\">\n<li>la cr\u00e9ation de chemins de fer et de transports \u00e0 grande vitesse en g\u00e9n\u00e9ral, int\u00e9rieur-int\u00e9rieur et c\u00f4te-c\u00f4te. Il s\u2019agit de sortir du mod\u00e8le int\u00e9rieur-c\u00f4te, organis\u00e9 le plus souvent pour le pillage des mati\u00e8res premi\u00e8res, et de r\u00e9unifier les march\u00e9s entre les zones int\u00e9rieures ainsi d\u00e9senclav\u00e9es pour la consommation locale\u00a0;<\/li>\n<li>la remise en eau du lac Tchad, \u00ab\u00a0pompe \u00e0 d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb de l\u2019Afrique centrale. Il a perdu depuis 50 ans plus de 80\u00a0% de sa surface, et depuis 500 ans 95\u00a0%. Cette remise en eau permettrait d\u2019une part d\u2019arr\u00eater l\u2019extension du d\u00e9sert, en organisant \u00e0 terme un changement climatique, d\u2019autre part de lancer l\u2019exploitation des terres tr\u00e8s riches que ses limons ont cr\u00e9\u00e9es, \u00e0 condition de donner aux agriculteurs les moyens de les exploiter sans les \u00e9puiser\u00a0;<\/li>\n<li>le d\u00e9veloppement de la r\u00e9gion de la mer Rouge et du Nil, en Egypte et au Soudan, une r\u00e9gion qui dispose de vastes ressources et d\u2019un grand potentiel.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"br-auto\" title=\"Retour ligne automatique\" src=\"https:\/\/solidariteetprogres.fr\/local\/cache-vignettes\/L10xH10\/br-auto-10-8beb9.png?1611217687\" alt=\"Retour ligne automatique\" width=\"10\" height=\"10\" \/><br class=\"autobr\" \/>Pour ces grands projets, des financements internationaux avec des cr\u00e9dits \u00e0 long terme (20 \u00e0 50 ans) et faible taux d\u2019int\u00e9r\u00eat doivent \u00eatre pr\u00e9vus, l\u2019id\u00e9e \u00e9tant, comme pour le plan Marshall, que le d\u00e9veloppement engendr\u00e9 par les projets \u00ab\u00a0paie\u00a0\u00bb les cr\u00e9dits (syst\u00e8me de \u00ab\u00a0paiements diff\u00e9r\u00e9s\u00a0\u00bb).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li>Dans le cadre de projets locaux et r\u00e9gionaux, qui n\u2019ont de sens que tract\u00e9s par les grands projets, le micro-cr\u00e9dit devrait \u00eatre organis\u00e9 par les Etats en faveur des plus d\u00e9favoris\u00e9s pour court-circuiter les usuriers. L\u2019id\u00e9e ici est de mettre au travail le plus vite possible, en organisant des passerelles vers les emplois qualifi\u00e9s au fur et \u00e0 mesure du d\u00e9veloppement. Avec une priorit\u00e9 donn\u00e9e aux enjeux majeurs\u00a0: eau, \u00e9cole, environnement, sant\u00e9, en mobilisant en particulier les femmes, qui sont au coeur de ces sujets. La consommation int\u00e9rieure serait ainsi stimul\u00e9e et pourrait \u00eatre \u00e9chang\u00e9e en recourant aux transports int\u00e9rieur-int\u00e9rieur.<\/li>\n<li>Les arm\u00e9es africaines ne doivent plus \u00eatre des arm\u00e9es de r\u00e9pression ou de maintien d\u2019un ordre politique injuste, mais \u00eatre impliqu\u00e9es, sur la base de \u00ab\u00a0corps de g\u00e9nie\u00a0\u00bb que nous devons aider \u00e0 mieux organiser, dans la construction de voies ferr\u00e9es, ponts, ports, routes, etc.<\/li>\n<li>Nous devons aider l\u2019Afrique \u00e0 produire des m\u00e9dicaments g\u00e9n\u00e9riques bon march\u00e9, en passant par dessus les r\u00e9ticences de nos laboratoires pharmaceutiques, pour traiter le sida et toutes les maladies tropicales. Nous devons aussi soutenir la proposition du pr\u00e9sident s\u00e9n\u00e9galais Abdoulaye Wade en faveur d\u2019une assurance mondiale contre les \u00e9pid\u00e9mies internationalement transmises.<\/li>\n<li>La dette des pays appauvris par la politique internationale relay\u00e9e par des gouvernements corrompus doit \u00eatre annul\u00e9e en faveur de leurs peuples.<\/li>\n<li>Un v\u00e9ritable commerce \u00e9quitable doit \u00eatre \u00e9tabli, se substituant au libre-\u00e9change destructeur. Nous devons, en accord avec les gouvernements et les producteurs africains, ouvrir nos fronti\u00e8res aux produits des agriculteurs et des p\u00eacheurs africains qu\u2019aujourd\u2019hui ils ne peuvent plus exporter.<\/li>\n<li>Ainsi, les conditions seront cr\u00e9\u00e9es pour que la vie et la dignit\u00e9 des jeunes Africains soient enfin respect\u00e9es, sans navires et avions de l\u2019Union europ\u00e9enne les emp\u00eachant de quitter les c\u00f4tes d\u2019Afrique, sans risque de mourir par noyade ou sur les barbel\u00e9s de Ceuta et de Melilla, sans aboutir \u00e0 des camps de travail europ\u00e9ens comme on en a trouv\u00e9 dans Pouilles ou dans des logements mis\u00e9rables o\u00f9 eux-m\u00eames et leurs enfants sont contamin\u00e9s par le saturnisme.<\/li>\n<\/ol>\n<p>La justice envers l\u2019Afrique et ses peuples, comme envers notre propre peuple fran\u00e7ais, exige que nous ne nous soumettions plus \u00e0 la mondialisation financi\u00e8re.<\/p>\n<p>Nous pr\u00e9sentons ici, de mani\u00e8re plus d\u00e9taill\u00e9e, les trois grands projets-phares que nous venons d\u2019\u00e9voquer.<\/p>\n<h2 id=\"outil_sommaire_0\" class=\"spip\"><a class=\"sommaire_ancre\" title=\"Sommaire\" href=\"https:\/\/solidariteetprogres.fr\/ecrire\/?exec=article&amp;id_article=3629#outil_sommaire\">\u00a0<\/a>Afrique\u00a0: de grands projets pour le XXI<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle<\/h2>\n<h3 id=\"outil_sommaire_1\" class=\"spip\"><a class=\"sommaire_ancre\" title=\"Sommaire\" href=\"https:\/\/solidariteetprogres.fr\/ecrire\/?exec=article&amp;id_article=3629#outil_sommaire\">\u00a0<\/a>I &#8211; Un r\u00e9seau de chemins de fer transcontinental<\/h3>\n<dl class=\"spip_document_747 uneimage spip_documents half\">\n<dt><a class=\"cboxElement hasbox\" title=\"\" href=\"https:\/\/solidariteetprogres.fr\/IMG\/gif\/Afrique_rails.gif\" type=\"image\/gif\"> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/solidariteetprogres.fr\/local\/cache-vignettes\/L490xH518\/Afrique_rails-50395-9f657.gif?1653085150\" alt=\"Projet d\u2019agrandissement du r\u00e9seau ferroviaire africain\" width=\"490\" height=\"518\" \/> <\/a><\/dt>\n<\/dl>\n<p>Depuis la fin officielle du colonialisme en Afrique, les projets propos\u00e9s pour assurer son d\u00e9veloppement n\u2019ont pas manqu\u00e9 &#8211; construction de voies ferr\u00e9es et de ports, am\u00e9nagements des ressources en eau, verdissement du d\u00e9sert, quoi de plus \u00e9vident pour moderniser une \u00e9conomie\u00a0?<\/p>\n<p>Tous ceux qui se sont pench\u00e9s sur le d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique ont reconnu sans peine le potentiel immense de ce continent. Mais malheureusement, depuis l\u2019ind\u00e9pendance, faute de capitaux \u00e0 investir, ces projets n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s.<\/p>\n<p>Pire, depuis les ann\u00e9es 70, la politique des institutions financi\u00e8res internationales consiste \u00e0 s\u2019opposer pr\u00e9cis\u00e9ment au type de grands projets qui sont n\u00e9cessaires pour d\u00e9velopper les nations africaines et \u00e9lever le niveau de vie de leurs populations. La perspective d\u2019une croissance industrielle, d\u2019une agriculture florissante et d\u2019une \u00e9nergie abondante a c\u00e9d\u00e9 la place \u00e0 la notion de \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb, qui se traduit concr\u00e8tement par l\u2019arri\u00e9ration et la mis\u00e8re.<\/p>\n<p>Mais d\u00e8s lors que le syst\u00e8me financier mondial est entr\u00e9 dans une phase de d\u00e9sint\u00e9gration irr\u00e9versible et que l\u2019orientation de ces 30 derni\u00e8res ann\u00e9es commence \u00e0 \u00eatre remise en cause, la revendication du d\u00e9veloppement agro-industriel va s\u2019affirmer de plus en plus. Nombre des vieux projets ferroviaires seront remis sur la table dans le cadre du \u00ab\u00a0pont terrestre eurasiatique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019objectif est de mettre en place deux corridors de transports est-ouest et nord-sud, le premier traversant le sahel de Dakar \u00e0 Djibouti, le second le long de la vall\u00e9e du Nil et traversant les Grands Lacs, d\u2019Alexandrie, \u00e0 Cape Town en Afrique du Sud.<\/p>\n<h3 id=\"outil_sommaire_2\" class=\"spip\"><a class=\"sommaire_ancre\" title=\"Sommaire\" href=\"https:\/\/solidariteetprogres.fr\/ecrire\/?exec=article&amp;id_article=3629#outil_sommaire\">\u00a0<\/a>II &#8211; Le Projet Transaqua\u00a0: une id\u00e9e pour le Sahel<\/h3>\n<p><i>Le Projet Transaqua pour l\u2019am\u00e9nagement du bassin du Congo &#8211; a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1990 par Bonifica, la soci\u00e9t\u00e9 de travaux publics du conglom\u00e9rat d\u2019Etat italien IRI, et \u00e0 nouveau en 1994. Ce projet, qui pr\u00e9voit un canal allant du Kivu \u00e0 la R\u00e9publique centre-africaine, o\u00f9 il rejoindrait le Chari pour alimenter le lac Tchad, aurait compl\u00e8tement chang\u00e9 les conditions politiques et \u00e9conomiques de la r\u00e9gion.<\/i><\/p>\n<p>Il aurait \u00e9t\u00e9 source d\u2019esp\u00e9rance pour tout le continent et la preuve que les conflits peuvent \u00eatre r\u00e9solus par le dialogue et coop\u00e9ration plut\u00f4t que par les armes. Mais les pays occidentaux ont rejet\u00e9 cette proposition, insistant \u00e0 la place sur les programmes d\u2019ajustement structurels du FMI. Ce projet repr\u00e9sente le type d\u2019effort d\u2019ing\u00e9nierie \u00e0 grande \u00e0 grande \u00e9chelle qu\u2019il faut revaloriser aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p><i>Voici des extraits de ce projet, publi\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 Bonifica, membre du groupe italien IRI<\/i><\/p>\n<h4 class=\"spip\">La zone du Sahel\u00a0: une tragique r\u00e9alit\u00e9 mena\u00e7ante<\/h4>\n<p>1. Dans les 15 derni\u00e8res ann\u00e9es, la zone des pays du Sahel a assist\u00e9, impuissante, \u00e0 un processus progressif de d\u00e9sertification provoqu\u00e9 par le caract\u00e8re impr\u00e9visible du climat, qui a rompu un \u00e9quilibre \u00e9cologique s\u00e9culaire repr\u00e9sent\u00e9 par de faibles et pr\u00e9caires ressources naturelles, par une agriculture essentiellement de subsistance et par le nomadisme pastoral. La fragilit\u00e9 de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me n\u2019a pas r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 une succession d\u2019ann\u00e9es de s\u00e9cheresse extraordinaire et sa r\u00e9cup\u00e9ration appara\u00eet aujourd\u2019hui tr\u00e8s probl\u00e9matique.<\/p>\n<p>Sur le milliard d\u2019hectares environ qui &#8211; selon les relev\u00e9s des Nations unies &#8211; dans tout le continent africain (soit environ 34% de sa superficie totale), pr\u00e9sente des risques de d\u00e9sertification, pr\u00e8s de 400 millions d\u2019hectares sont distribu\u00e9s le long d\u2019une bande continue de 6000 km, comprise entre le 10\u00e8me et le 20\u00e8me parall\u00e8le Nord, qui s\u2019\u00e9tend des c\u00f4tes de l\u2019oc\u00e9an Atlantique \u00e0 celles de la mer Rouge.<\/p>\n<p>Ces 400 millions d\u2019hectares, o\u00f9 se profile une immense catastrophe \u00e9cologique qui repr\u00e9sente un d\u00e9fi aux capacit\u00e9s technologiques de notre \u00e9poque, constituent les pays du Sahel. Les chiffres de cette trag\u00e9die sont d\u00e9sormais connus\u00a0: des dizaines de millions de personnes ayant un revenu annuel pro-capita inf\u00e9rieur \u00e0 200 dollars, des centaines de milliers de t\u00eates de b\u00e9tail mortes de soif ou de faim et quelques milliards de dollars d\u00e9pens\u00e9s dans des op\u00e9rations de sauvetage aussi g\u00e9n\u00e9reuses que complexes, des millions d\u2019\u00eatres humains qui risquent, chaque ann\u00e9e, d\u2019\u00eatre extermin\u00e9s par la faim.<\/p>\n<dl class=\"spip_document_748 undoc spip_documents half\">\n<dt><a class=\"cboxElement hasbox\" title=\"\" href=\"https:\/\/solidariteetprogres.fr\/IMG\/gif\/Transaqua.gif\" type=\"image\/gif\"> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/solidariteetprogres.fr\/local\/cache-vignettes\/L490xH575\/Transaqua-2f1b9-dbe66.gif?1653085150\" alt=\"\" width=\"490\" height=\"575\" \/> <\/a><\/dt>\n<dt class=\"crayon document-titre-748 spip_doc_titre\">Projet Transaqua\u00a0: combattre la d\u00e9sertification et d\u00e9senclaver le centre de l\u2019Afrique<\/dt>\n<\/dl>\n<p>2. Une des r\u00e9gions les plus pr\u00e9occupantes du sous-d\u00e9veloppement mondial, o\u00f9 les perspectives sont peut-\u00eatre les plus sombres de tout le continent africain, requiert des interventions courageuses, d\u2019une dimension et d\u2019une ampleur \u00e9gales au drame que vit cette r\u00e9gion d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9e de la plan\u00e8te, et ce \u00e0 cause des rigueurs climatiques et des faibles r\u00e9sultats obtenus jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent par les aides, cependant importantes, accord\u00e9es par les pays industrialis\u00e9s.<\/p>\n<p>Les puits pastoraux, les p\u00e9rim\u00e8tres irrigu\u00e9s, les infrastructures de stockage des aliments strat\u00e9giques, les programmes de reboisement, les projets agro-industriels&#8230; ces mesures sont toutes sugg\u00e9r\u00e9es par une tragique r\u00e9alit\u00e9 qui ne peut que susciter des interventions imm\u00e9diates, \u00e0 effet et impact rapides sur le contexte local et en mesure, d\u2019une certaine mani\u00e8re, d\u2019exorciser le sc\u00e9nario de faim et de d\u00e9solation que r\u00e9prouve la conscience civile internationale. Ces projets \u00ab\u00a0ponctuels\u00a0\u00bb ont un r\u00f4le pr\u00e9cis et une valeur politique et sociale \u00e9vidente, dans la mesure o\u00f9 ils peuvent &#8211; \u00e0 travers des effets localis\u00e9s et \u00e0 court ou tr\u00e8s court terme &#8211; impliquer les populations rurales locales en amplifiant ainsi l\u2019effet des aides et en limitant, ne serait-ce qu\u2019en partie, la dramatique d\u00e9gradation sociale que conna\u00eet le Sahel.<\/p>\n<p>Mais personne ne peut raisonnablement se leurrer sur le fait que de telles initiatives, aussi louables et utiles soient-elles, r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 travers un aussi vaste territoire, puissent v\u00e9ritablement repr\u00e9senter une solution \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>Il est raisonnablement impensable que de tels projets &#8211; m\u00eame si l\u2019on devait vraiment et rapidement en r\u00e9aliser des dizaines &#8211; puissent bouleverser un \u00ab\u00a0sc\u00e9nario \u00e0 l\u2019an 2000\u00a0\u00bb qui, de toute fa\u00e7on, perdrait peu de son caract\u00e8re tragique et ne serait en d\u00e9finitive, probablement, qu\u2019\u00e0 peine soulag\u00e9 en ce qui concerne tous les aspects li\u00e9s au probl\u00e8me de pure survie. M\u00eame si de tels effets, aussi modestes soient-ils, ne sont pas n\u00e9gligeables, il subsisterait toujours un \u00e9cart \u00e9norme entre les r\u00e9sultats obtenus et l\u2019importance des probl\u00e8mes \u00e0 affronter.<\/p>\n<p>Ces probl\u00e8mes sont d\u2019ailleurs ceux de toujours\u00a0; ils ont \u00e9t\u00e9 reconnus dans toutes les assises internationales sur les pays en d\u00e9veloppement et indiqu\u00e9s comme prioritaires par tous les organismes de financement. Ce sont en outre des probl\u00e8mes dont les cons\u00e9quences, dans le contexte sah\u00e9lien, atteignent des proportions gigantesques, \u00e0 d\u00e9faut de solution\u00a0: &#8211; le trin\u00f4me eau-agriculture-b\u00e9tail &#8211; le bin\u00f4me \u00e9nergie-transformation &#8211; le bin\u00f4me transports-commercialisation.<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience d\u00e9sormais trentenaire de la croissance des pays en d\u00e9veloppement &#8211; \u00e0 la grande d\u00e9ception des b\u00e9n\u00e9ficiaires &#8211; a largement prouv\u00e9 que tout projet \u00ab\u00a0ponctuel\u00a0\u00bb, m\u00eame s\u2019il est remarquablement r\u00e9alis\u00e9, est destin\u00e9, s\u2019il n\u2019est pas \u00e9troitement li\u00e9 au contexte r\u00e9gional et interr\u00e9gional par des infrastructures de transport et de commercialisation solides et durables (souvent beaucoup plus co\u00fbteuses que le projet lui-m\u00eame), \u00e0 s\u2019\u00e9puiser de lui-m\u00eame ou, ce qui est pire, \u00e0 ne conna\u00eetre aucun d\u00e9collage \u00e9conomique et social.<\/p>\n<p>Penser \u00e0 la cr\u00e9ation de ces infrastructures de transport et d\u2019\u00e9changes r\u00e9gionaux et internationaux, durables et efficaces, prop\u00e9deutiques ou allant de pair avec les divers projets de d\u00e9veloppement hydro-agricole, semble une meilleure approche de la complexit\u00e9 des probl\u00e9matiques, non seulement actuelles, mais aussi et surtout de celles imm\u00e9diatement induites par les diff\u00e9rentes r\u00e9alisations et leur gestion.<\/p>\n<p>Cr\u00e9er des occasions pour faire face \u00e0 la faim et \u00e0 la soif tout en r\u00e9alisant, parall\u00e8lement, ces grandes infrastructures de support, qui garantissent les approvisionnements en mati\u00e8res premi\u00e8res ainsi que l\u2019\u00e9vacuation et la commercialisation des produits finis en encourageant les \u00e9changes interr\u00e9gionaux, signifie cr\u00e9er les conditions pr\u00e9liminaires non seulement au d\u00e9collage des diff\u00e9rents projets mais aussi indispensables pour que chacun d\u2019eux d\u00e9veloppe, par induction, cet effet multiplicateur d\u2019initiatives sources d\u2019activit\u00e9s collat\u00e9rales, dont le ph\u00e9nom\u00e8ne complexe qui conna\u00eet une m\u00eame croissance-peut \u00eatre d\u00e9fini comme un v\u00e9ritable d\u00e9veloppement, d\u2019autant plus s\u00fbr \u00e0 long terme qu\u2019il cr\u00e9e des opportunit\u00e9s.<\/p>\n<h4 class=\"spip\">Les fondements de l\u2019id\u00e9e du projet<\/h4>\n<p>3. Le Projet Transaqua, pr\u00e9sent\u00e9 ici au seul niveau de l\u2019id\u00e9e, repose sur les simples fondements suivants\u00a0: &#8211; le d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e9cologique du Sahel a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9 par le manque d\u2019eau provoqu\u00e9 par plusieurs ann\u00e9es successives de grande s\u00e9cheresse et par des irr\u00e9gularit\u00e9s m\u00e9t\u00e9orologiques\u00a0; il faut donc identifier et cr\u00e9er de nouvelles sources d\u2019approvisionnement en eau qui se substituent au manque de pr\u00e9cipitations\u00a0; &#8211; l\u2019homme ne pourra essentiellement r\u00e9\u00e9quilibrer les activit\u00e9s rurales boulevers\u00e9es des populations, \u00e0 moyen et long terme, qu\u2019en pratiquant l\u2019irrigation, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019un retour naturel \u00e0 des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques plus favorables\u00a0; &#8211; la r\u00e9cup\u00e9ration du Sahel devra donc passer \u00e0 travers de nouveaux \u00e9quilibres d\u00e9coulant d\u2019un abandon partiel de l\u2019agriculture extensive (li\u00e9e \u00e0 des pr\u00e9cipitations saisonni\u00e8res modestes, mais diffuses et surtout constantes) au profit du d\u00e9veloppement progressif d\u2019une agriculture intensive (li\u00e9e \u00e0 des disponibilit\u00e9s hydriques \u00ab\u00a0concentr\u00e9es\u00a0\u00bb ind\u00e9pendamment des saisons)\u00a0; &#8211; la r\u00e9alisation d\u2019un nouvel \u00e9quilibre, tout du moins partiel, bas\u00e9 sur une agriculture intensive, ne peut faire abstraction d\u2019infrastructures de transport et de commercialisation ad\u00e9quates, qui sont consid\u00e9r\u00e9es comme des supports indispensables pour avoir de s\u00e9rieux espoirs de succ\u00e8s\u00a0; &#8211; le transfert initial n\u00e9cessaire de moyens et de technologies doit avoir pour objectif la mise en valeur de ressources autochtones africaines, la verticalisation des productions moyennant la valeur ajout\u00e9e locale et la r\u00e9alisation d\u2019un maximum d\u2019\u00e9changes entre des march\u00e9s de consommation africains, de fa\u00e7on \u00e0 ce que les objectifs \u00e0 atteindre puissent assurer le maximum d\u2019autonomie op\u00e9rationnelle, \u00e9conomique et financi\u00e8re\u00a0; c\u2019est en effet la seule condition garante d\u2019irr\u00e9versibilit\u00e9 et en mesure d\u2019interrompre le flux massif de capitaux internationaux orient\u00e9s, pour de nombreuses ann\u00e9es encore, vers la subsistance, en attendant le d\u00e9collage d\u2019un d\u00e9veloppement autonome.<\/p>\n<h4 class=\"spip\">L\u2019id\u00e9e du projet\u00a0: le transfert d\u2019eau<\/h4>\n<p>4. L\u2019id\u00e9e de base du Projet Transaqua est de \u00ab\u00a0transf\u00e9rer\u00a0\u00bb environ 100 milliards de m\u00e8tres cubes d\u2019eau douce par an de la \u00ab\u00a0cuvette\u00a0\u00bb du fleuve Za\u00efre vers la zone sah\u00e9lienne du Tchad et du Niger.<\/p>\n<p>Cette id\u00e9e repose sur la r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9ographique de l\u2019Afrique centrale qui voit dans la ligne de partage des eaux Za\u00efre-Tchad une barri\u00e8re naturelle partageant deux \u00e9normes bassins hydrographiques\u00a0: l\u2019une au Nord, o\u00f9 la s\u00e9cheresse fait des victimes par manque de ressources en eau et l\u2019autre au Sud, o\u00f9 les pr\u00e9cipitations sont tellement abondantes qu\u2019elles cr\u00e9ent des environnements extraordinairement riches qui pr\u00e9sentent souvent, du fait de l\u2019envahissement des for\u00eats, des probl\u00e8mes contraires en ce qui concerne le d\u00e9veloppement rationnel d\u2019activit\u00e9s agricoles modernes.<\/p>\n<p>Soustraire 100 milliards de m\u00e8tres cubes d\u2019eau par an &#8211; qui pourraient changer la face du d\u00e9sert \u00e0 quelques centaines de kilom\u00e8tres plus au Nord &#8211; au fleuve Za\u00efre, le principal fleuve africain et le second de la plan\u00e8te apr\u00e8s l\u2019Amazonie pour ce qui est du bassin hydrographique, dont le volume d\u2019eau est estim\u00e9, \u00e0 son embouchure, \u00e0 environ 1900 milliards de m\u00e8tres cubes qui transitent chaque ann\u00e9e pour se jeter dans l\u2019Oc\u00e9an Atlantique, en \u00ab\u00a0appauvrirait\u00a0\u00bb le d\u00e9bit d\u2019\u00e0 peine 5%.<\/p>\n<p>Cette \u00ab\u00a0modeste\u00a0\u00bb soustraction d\u2019eau repr\u00e9senterait un d\u00e9bit continu d\u2019environ 3200 m\u00e8tres cubes par seconde, soit presque le double du d\u00e9bit du Nil au sud d\u2019Assouan. Le bassin du plus grand fleuve africain se pr\u00e9sente sous la forme d\u2019un vaste amphith\u00e9\u00e2tre naturel qui est constitu\u00e9 par une partie centrale &#8211; situ\u00e9e \u00e0 moins de 500 m d\u2019altitude par rapport au niveau de la mer &#8211; correspondant au cours principal du fleuve et de ses principaux affluents, et par une zone de haut-plateau (d\u2019une altitude de 600 \u00e0 1000 m environ) qui entoure la \u00ab\u00a0cuvette\u00a0\u00bb \u00e0 proprement parler, au Sud, \u00e0 l\u2019Est et au Nord, presque comme une couronne semi-circulaire.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la faisabilit\u00e9 technique de l\u2019id\u00e9e du projet, on peut envisager la r\u00e9alisation d\u2019un important canal navigable qui, en parcourant \u00e0 l\u2019altitude voulue, la couronne Est et Nord du bassin hydrographique du fleuve Za\u00efre, pourrait intercepter les eaux des extr\u00e9mit\u00e9s nord-orientales de la \u00ab\u00a0cuvette\u00a0\u00bb pour atteindre, apr\u00e8s un parcours d\u2019environ 2400 km en territoire centrafricain, la ligne de partage des eaux Za\u00efre-Tchad, avant de d\u00e9verser tout le flux hydrique \u00e0 la t\u00eate du bassin du fleuve Chari, qui est tributaire du lac Tchad.<\/p>\n<p>En territoire tchadien, les eaux, qui utiliseraient probablement en partie le lit m\u00eame du Chari, pourraient \u00eatre achemin\u00e9es vers les zones du Tchad et du Niger en voie de d\u00e9sertification, au Nord du lac Tchad. On peut estimer que, dans ces r\u00e9gions sah\u00e9liennes, le d\u00e9veloppement d\u2019une agriculture irrigu\u00e9e de type intensif et semi-intensif pourrait int\u00e9resser un territoire de 5 \u00e0 7 millions d\u2019hectares (songeons au fait que 40 millions d\u2019Egyptiens vivent sur une zone irrigu\u00e9e de 2,8 millions d\u2019hectares, m\u00eame si ceux-ci sont tr\u00e8s intens\u00e9ment cultiv\u00e9s).<\/p>\n<p>Le secteur du bassin hydrographique de la \u00ab\u00a0cuvette\u00a0\u00bb du Za\u00efre, intercept\u00e9 par environ 2400 km de canal artificiel, serait situ\u00e9 \u00e0 une latitude d\u2019environ 2\u00b0 Sud et 8\u00b0 Nord, alors que les eaux recueillies par celui-ci pourraient \u00eatre utilis\u00e9es en pleine zone sah\u00e9lienne, entre le 12\u00e8me et le 16\u00e8me degr\u00e9 de latitude Nord.<\/p>\n<p>Dans sa \u00ab\u00a0chute\u00a0\u00bb vers le Tchad, ce volume de 100 milliards de m3 d\u2019eau par an pourra, avec plusieurs centrales hydro\u00e9lectriques, produire une \u00e9nergie qu\u2019on peut estimer \u00e0 environ 30-35 milliards de kilowatts, soit environ 70% de la production hydro\u00e9lectrique de l\u2019Italie, soit encore pr\u00e8s de 15% de toute sa production en \u00e9nergie (hydrique, thermique et nucl\u00e9aire). Une telle quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie pourrait modifier radicalement l\u2019aspect des \u00e9tablissements ruraux actuels et stimuler un v\u00e9ritable d\u00e9veloppement agricole, aussi bien dans la zone pr\u00e9vue, au Nord du lac Tchad, que dans les nouvelles zones de d\u00e9veloppement, le long du canal navigable, avec deux lignes\u00e9lectriques \u00e0 haute tension\u00a0: une d\u2019environ 1300 km de long, qui distribuerait l\u2019\u00e9nergie vers le Tchad, etl\u2019autre d\u2019environ2400km, qui distribueraitdel\u2019\u00e9nergie\u00e9lectriquelelong du canal navigable.<\/p>\n<h4 class=\"spip\">L\u2019id\u00e9e du projet\u00a0: les infrastructures de transport, la transformation et le commerce\u00a0; le Port \u00ab\u00a0containers\u00a0\u00bb et la zone franche industrielle<\/h4>\n<p>5. Mais l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00ab\u00a0transfert hydrique\u00a0\u00bb comme fin en soi, m\u00eame s\u2019il s\u2019agit d\u2019un volume d\u2019eau sup\u00e9rieur \u00e0 celui du Nil, bien que suggestive dans le contexte d\u00e9sol\u00e9 de la s\u00e9cheresse qui s\u00e9vit au Sahel, serait encore partielle et d\u00e9ficitaire si elle ne se situait pas dans un plus vaste contexte, qui est celui du r\u00e9seau des transports internationaux africains\u00a0: la transafricaine Lagos-Mombasa, dont le projet est en cours, devrait relier, avec un parcours de plus de 6000 km, l\u2019oc\u00e9an Indien \u00e0 l\u2019oc\u00e9an Atlantique et la transsaharienne Lagos-Alger, pratiquement d\u00e9j\u00e0 utilisable, qui repr\u00e9sentera, une fois termin\u00e9e, une liaison rapide entre le golfe de Guin\u00e9e et la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p>C\u2019est donc aussi et surtout dans ce contexte des grandes voies de communication internationales que le projet Transaqua doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9\u00a0: une grande \u00ab\u00a0autoroute\u00a0\u00bb fluviale qui relie les march\u00e9s de tr\u00e8s grandes \u00ab\u00a0enclaves\u00a0\u00bb de l\u2019Afrique Centrale telles que le Rwanda, le Burundi, la r\u00e9gion du Kivu et toute la partie Nord-Est du Za\u00efre et de la R\u00e9publique centrafricaine, avec les centres de consommation d\u2019autres pays de l\u2019Afrique centrale (Nig\u00e9ria, Niger, Tchad, Cameroun, Kenya et Ouganda) et avec les deux ports oc\u00e9aniques de Lagos et de Mombasa pour les courants commerciaux intercontinentaux.<\/p>\n<p>Cette int\u00e9gration des transports internationaux pourrait \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e en correspondance avec le croisement entre le canal et la transafricaine Lagos-Mombasa pr\u00e9vue\u00a0; \u00e0 cet endroit pourrait \u00eatre envisag\u00e9e la r\u00e9alisation d\u2019un port containers fluvial avec cr\u00e9ation d\u2019une \u00ab\u00a0zone franche\u00a0\u00bb industrielle.<\/p>\n<p>La r\u00e9alisation d\u2019un centre fluvial-routier de triage de marchandises de ce type \u00e0 la hauteur, ou \u00e0 proximit\u00e9, du passage du canal navigable, de la ligne de partage des eaux Za\u00efre-Tchad, b\u00e9n\u00e9ficierait sans aucun doute d\u2019une \u00e9norme quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie hydro\u00e9lectrique productible sur place avec la construction d\u2019une centrale hydro\u00e9lectrique en t\u00eate du bassin du Chari\u00a0; celle-ci serait d\u2019ailleurs la premi\u00e8re, par ordre topographique, d\u2019une s\u00e9rie de centrales envisageables pratiquement jusqu\u2019aux portes de N\u2019Djamena. On pourrait ainsi r\u00e9aliser en Afrique centrale un port franc \u00e0 fonctions polyvalentes qui, outre le triage des marchandises en containers, pourrait s\u2019acquitter de l\u2019importante t\u00e2che \u00e9conomico-commerciale de transformation &#8211; \u00e0 travers une s\u00e9rie d\u2019industries agro-alimentaires, textiles et du bois &#8211; de produits agricoles africains provenant de zones de r\u00e9cent d\u00e9veloppement qui, justement en fonction de la nouvelle voie de communication fluviale et de la future art\u00e8re routi\u00e8re Lagos-Mombasa, pourraient \u00eatre disponibles pour des activit\u00e9s agricoles productives.<\/p>\n<p>En particulier, le moyen de transport fluvial \u00e9conomique que repr\u00e9senteraient les 2400 km de canal en territoire za\u00efrois et centrafricain, constituerait une infrastructure de commercialisation des produits agricoles qui, \u00e9quip\u00e9e d\u2019une s\u00e9rie de \u00ab\u00a0quais\u00a0\u00bb fluviaux, stimulerait le d\u00e9veloppement agricole de nombreuses vall\u00e9es fluviales situ\u00e9es en amont de la voie d\u2019eau et tout au long de son parcours. A long terme de nombreuses zones du Sahel pourraient \u00eatre approvisionn\u00e9es, non seulement en eau et en \u00e9nergie \u00e9lectrique, mais aussi en c\u00e9r\u00e9ales, viande, lait, etc&#8230; produits en territoire africain, plut\u00f4t que de continuer \u00e0 d\u00e9pendre des importations co\u00fbteuses et pr\u00e9caires d\u2019autres continents.<\/p>\n<h4 class=\"spip\">Perspectives plausibles\u00a0: approvisionnement capital en eau et \u00e9nergie du Sahel\u00a0; r\u00e9el d\u00e9marrage du r\u00eave post-colonial d\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique<\/h4>\n<p>6. Le Projet Transaqua, vu sous le seul profil du transfert de ressources hydriques vers les zones semi-d\u00e9sertiques limitrophes du Tchad et du Niger, fait pr\u00e9voir la cr\u00e9ation d\u2019une s\u00e9rie de zones irrigu\u00e9es sur un territoire d\u2019environ 50 \u00e0 70 000 km2 (soit environ la superficie du Sud de l\u2019Italie) au c\u0153ur du dit \u00ab\u00a0Sahel traditionnel\u00a0\u00bb constitu\u00e9 par huit pays (Cap Vert, Gambie, S\u00e9n\u00e9gal, Mauritanie, Mali, Haute-Volta, Niger, Tchad). Le Projet Transaqua a pour objectif, du point de vue hydrique et \u00e9nerg\u00e9tique, d\u2019apporter une solution d\u00e9finitive et durable, bien qu\u2019\u00e0 long terme, aux probl\u00e8mes de la faim sur 50% du territoire sah\u00e9lien\u00a0; en effet, les deux pays directement b\u00e9n\u00e9ficiaires repr\u00e9sentent approximativement la moiti\u00e9 de la superficie totale du Sahel et abritent environ 30% de sa population.<\/p>\n<p>Consid\u00e9r\u00e9 dans le contexte des 10 pays de l\u2019Afrique centrale plus ou moins directement int\u00e9ress\u00e9s par le r\u00e9seau de transports fluviaux et terrestres internationaux pr\u00e9vus (Niger, Nig\u00e9ria, Tchad, Centrafrique, Cameroun, Za\u00efre, Rwanda, Burundi, Ouganda et Kenya, soit environ 1\/4 de tout le continent africain), le Projet Transaqua repr\u00e9sente sans aucun doute un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9cid\u00e9ment propulseur pour le r\u00e9el d\u00e9marrage &#8211; en une seule g\u00e9n\u00e9ration peut-\u00eatre &#8211; du r\u00eave post-colonial africain d\u2019une int\u00e9gration \u00e9conomique et productive internationale du continent. Or, c\u2019est l\u00e0 une condition sine qua non pour parvenir \u00e0 une v\u00e9ritable autonomie \u00e9conomique et \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance politique.<\/p>\n<p>Les temps sont m\u00fbrs pour un Projet Transaqua. La Russie a entrepris des travaux pour le transfert annuel de 60 milliards de m3 d\u2019eau, que la g\u00e9ographie r\u00e9gionale continentale reverse aujourd\u2019hui dans la mer Arctique, avec l\u2019objectif final d\u2019en d\u00e9vier le flux vers les r\u00e9gions assoiff\u00e9es du Kazakhstan et de l\u2019Ouzb\u00e9kistan par un canal navigable de 2200 km de long (co\u00fbt pr\u00e9vu pour les seuls ouvrages hydrauliques\u00a0: environ 18 milliards de dollars), qui devrait transformer ces zones semi-d\u00e9sertiques en zones les plus fertiles de la CEI.<\/p>\n<p>Les b\u00e9n\u00e9fices directs et indirects du Projet Transaqua qui d\u00e9riveront des productions agricoles r\u00e9alisables, de leur transformation et commercialisation, de l\u2019\u00e9conomie des transports et de la production \u00e9nerg\u00e9tique, laissent pr\u00e9voir, malgr\u00e9 d\u2019\u00e9videntes incertitudes actuelles quant aux co\u00fbts et \u00e0 l\u2019investissement, une rentabilit\u00e9 de l\u2019op\u00e9ration, int\u00e9ressante m\u00eame du point de vue \u00e9conomique et financier.<\/p>\n<p>Vu l\u2019importance des investissements n\u00e9cessaires et l\u2019envergure et la quantit\u00e9 des ouvrages pr\u00e9visibles de long d\u2019un parcours de 2400 km, il est \u00e9vident que le projet devrait \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 par tranches successives, qui devront \u00eatre justifi\u00e9es une \u00e0 une, aussi bien sur le plan \u00e9conomique que social. Une telle op\u00e9ration est sans aucun doute r\u00e9alisable si l\u2019on envisage d\u2019entreprendre la r\u00e9alisation du canal \u00e0 partir de son extr\u00e9mit\u00e9, en aval, pour la poursuivre progressivement en remontant \u00e0 son origine, en amont. Les moyens techniques n\u00e9cessaires pour r\u00e9aliser des ouvrages de ce type ne constituent plus des obstacles insurmontables. Les co\u00fbts d\u2019investissement ne sont pas mesurables uniquement en termes de millions de dollars, mais aussi en termes d\u2019absence de guerres, de millions d\u2019\u00eatres humains soustraits \u00e0 la faim, de paix sociale et de conscience internationale.<\/p>\n<h3 id=\"outil_sommaire_3\" class=\"spip\"><a class=\"sommaire_ancre\" title=\"Sommaire\" href=\"https:\/\/solidariteetprogres.fr\/ecrire\/?exec=article&amp;id_article=3629#outil_sommaire\">\u00a0<\/a>III &#8211; D\u00e9velopper le bassin du Nil<\/h3>\n<p><i>Le dernier volet des projets de d\u00e9veloppement, choisis \u00e0 titre d\u2019exemples, porte sur le bassin du Nil. Les travaux ont commenc\u00e9 sur le nombre de ces projets, dans une dimension modeste, mais leur r\u00e9alisation est bloqu\u00e9e par le manque de soutien politique international et par l\u2019absence d\u2019une perspective de d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du continent.<\/i><\/p>\n<dl class=\"spip_document_749 undoc spip_documents half\">\n<dt><a class=\"cboxElement hasbox\" title=\"\" href=\"https:\/\/solidariteetprogres.fr\/IMG\/gif\/Egypte-Soudan.gif\" type=\"image\/gif\"> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/solidariteetprogres.fr\/local\/cache-vignettes\/L350xH567\/Egypte-Soudan-bdfe1-29f28.gif?1653085150\" alt=\"\" width=\"350\" height=\"567\" \/> <\/a><\/dt>\n<dt class=\"crayon document-titre-749 spip_doc_titre\">D\u00e9veloppement de l\u2019Egypte et du Soudan par les canaux et les chemins de fer<\/dt>\n<\/dl>\n<p>Les belles photographies de la Plan\u00e8te rouge r\u00e9cemment transmises par Pathfinder font songer \u00e0 la r\u00e9gion \u00ab\u00a0rouge\u00a0\u00bb de notre propre Terre &#8211; les collines sur la rive occidentale de la mer Rouge. Cette mission rappelle aussi nos capacit\u00e9s de \u00ab\u00a0terra-formation\u00a0\u00bb, de cr\u00e9er des terres arables et des paysages \u00ab\u00a0naturels\u00a0\u00bb aussi bien dans l\u2019espace qu\u2019ici sur terre. De cette mani\u00e8re, les ressources consid\u00e9r\u00e9es comme \u00ab\u00a0naturelles\u00a0\u00bb sont en fait sans limite.<\/p>\n<p>Nous pr\u00e9sentons ici quelques projets en cours ou pr\u00e9vus dans la r\u00e9gion de la mer Rouge et du Nil, en Egypte et au Soudan, une r\u00e9gion qui dispose de vastes ressources et d\u2019un grand potentiel. En effet, en termes du potentiel annuel de photosynth\u00e8se, une des ressources fondamentales de la nature, l\u2019Egypte et le Soudan sont tr\u00e8s bien dot\u00e9s avec un taux potentiel de 25 grammes par m\u00e8tre carr\u00e9 par jour, soit l\u2019\u00e9quivalent de la plupart des \u00ab\u00a0jardins\u00a0\u00bb actuels de notre plan\u00e8te. Il s\u2019agit d\u2019organiser le paysage \u00e9conomique &#8211; eau, \u00e9nergie, transport, centres urbains et zones agricoles &#8211; de fa\u00e7on \u00e0 r\u00e9aliser ce potentiel.<\/p>\n<p>Le 9 janvier 1997, le pr\u00e9sident \u00e9gyptien Hosni Moubarak ex\u00e9cuta une explosion symbolique dans le d\u00e9sert, pr\u00e8s du lac du Haut Barrage d\u2019Assouan, marquant le d\u00e9but du creusement d\u2019un canal destin\u00e9 \u00e0 permettre la cr\u00e9ation de nouveaux oasis dans le d\u00e9sert occidental. \u00ab\u00a0Une nouvelle \u00e8re s\u2019ouvre en Egypte, d\u00e9clara-t-il, nous sortons des limites du Nil.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h4 class=\"spip\">Voies ferr\u00e9es<\/h4>\n<p>G\u00e9ographiquement, l\u2019Egypte et le Soudan se trouvent \u00e0 la crois\u00e9e des chemins entre l\u2019Afrique et la masse terrestre eurasiatique. C\u2019est la porte vers le Proche Orient, puis l\u2019Europe ou l\u2019Asie.<\/p>\n<p>Vous voyez sur la carte (page&#8230;) les lignes ferroviaires existantes en Afrique en 1990 et sur la carte (page &#8230;) des propositions de lignes nouvelles ou modernis\u00e9es. Il n\u2019y a pas une seule ligne traversant le continent de part et d\u2019autre et le seul r\u00e9seau relativement dense de lignes r\u00e9gionales se trouve en Afrique du Sud. La largeur des rails varie de pays en pays et les lignes sont en g\u00e9n\u00e9ral en mauvais \u00e9tat. L\u2019emplacement des voies, allant des centres de ressources vers les c\u00f4tes, refl\u00e8te clairement le d\u00e9sir des puissances coloniales de sortir au plus vite les mati\u00e8res premi\u00e8res d\u2019Afrique, et non de la d\u00e9velopper.<\/p>\n<p>Au Soudan, les lignes furent construites pendant l\u2019\u00e9poque coloniale, la derni\u00e8re en 1929. Depuis l\u2019ind\u00e9pendance, les projets de modernisation et d\u2019expansion des voies ont \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement sabot\u00e9s.<\/p>\n<p>De m\u00eame en Egypte, les voies ferr\u00e9es sont tr\u00e8s peu d\u00e9velopp\u00e9es et sont concentr\u00e9es, comme toute la vie \u00e9conomique du pays, dans la vall\u00e9e du Nil. Mais r\u00e9cemment, une liaison r\u00e9gionale a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e pour la premi\u00e8re fois dans le D\u00e9sert occidental, reliant New Valley et le Port Safaga sur la mer Rouge, en passant par la ville de Qena au nord du pays.<\/p>\n<p>Un cha\u00eenon manquant \u00e9vident est l\u2019absence de toute liaison ferroviaire \u00e0 la fronti\u00e8re entre l\u2019Egypte et le Soudan. Actuellement, il faut passer par le ferry sur le lac Nasser.<\/p>\n<p>Dans la dynamique d\u00e9clench\u00e9e par le \u00ab\u00a0pont terrestre eurasiatique\u00a0\u00bb, plusieurs projets sont \u00e9vidents pour l\u2019Afrique. Il faut construire une ligne ferroviaire Nord-Sud ininterrompue partant de l\u2019Egypte et descendant l\u2019Afrique orientale, cr\u00e9ant en m\u00eame temps un \u00ab\u00a0corridor\u00a0\u00bb de d\u00e9veloppement tout le long avec des centres d\u2019activit\u00e9s. Cette ligne traversera une voie Est-Ouest essentielle &#8211; celle reliant Djibouti et Dakar, et d\u2019autres encore plus au Sud.<\/p>\n<p>Une autre r\u00e9gion centrale est celle de Suez o\u00f9 la route des transports maritimes passant par le canal recoupe la route du pont terrestre. D\u2019une part, l\u2019am\u00e9nagement du canal de Suez est n\u00e9cessaire pour lui permettre de faire face \u00e0 l\u2019augmentation pr\u00e9vue du trafic entre l\u2019oc\u00e9an Indien et la M\u00e9diterran\u00e9e. D\u2019autre part, en ao\u00fbt 1997, les gouvernements \u00e9gyptiens et japonais ont sign\u00e9 un accord pour la construction d\u2019un pont suspendu sur le canal de Suez, \u00e0 la suite des \u00e9tudes de faisabilit\u00e9 conduites par des experts japonais. Le co\u00fbt total du projet, pont routier et pont ferroviaire, est estim\u00e9 \u00e0 160 millions de dollars, dont le Japon assurera 100 millions. Par ailleurs, en coop\u00e9ration avec la Chine, l\u2019Egypte a engag\u00e9 un ambitieux projet pour apporter de l\u2019eau dans le Sinai, sur la rive orientale du canal, et y cr\u00e9er une zone industrielle.<\/p>\n<h4 class=\"spip\">Production d\u2019eau<\/h4>\n<p>Les pluies sont peu abondantes dans toute l\u2019Egypte et dans le nord du Soudan. L\u2019Egypte se trouve en effet au centre de la plus grande \u00e9tendue d\u00e9sertique du monde, allant du Sahara au d\u00e9sert d\u2019Arabie. Les 60 millions d\u2019habitants \u00e9gyptiens vivent sur seulement 6% des terres le long de la vall\u00e9e et du delta du Nil, ce qui donne \u00e0 ce pays la plus haute densit\u00e9 d\u00e9mographique par km2 de terre habit\u00e9e. En 1990, plus de 10,5 millions de personnes, soit 20% de la population, habitait la ville du Caire et ses couronnes.<\/p>\n<p>La situation est tout autre au Soudan, le plus grand pays d\u2019Afrique, qui ne compte que 28 millions d\u2019habitants. Ici, au sud du d\u00e9sert, les terres, form\u00e9es de steppes et de savanes, sont pour la plupart arables. Le pays est propice \u00e0 l\u2019agriculture et peut accueillir une forte densit\u00e9 de population, gr\u00e2ce notamment au Nil, qui parcourt 6500 km depuis son origine dans les Grands Lacs jusqu\u2019au delta sur la M\u00e9diterran\u00e9e. A Khartoum, la capitale soudanaise, le Nil bleu et le Nil blanc se rejoignent. Le bassin du Nil couvre des terres dans neuf pays\u00a0: Burundi, Rwanda, Congo-Za\u00efre, Tanzanie, Kenya, Ouganda, Ethiopie, Soudan et Egypte.<\/p>\n<p>Le d\u00e9bit annuel de ce plus long fleuve du monde, mesur\u00e9 \u00e0 Assouan, est de 84 milliards de m\u00e8tres cubes, relativement peu par rapport \u00e0 d\u2019autres grands fleuves comme l\u2019Amazonie, le Congo ou m\u00eame le Mississippi. Le partage des eaux entre l\u2019Egypte et le Soudan, fix\u00e9 dans le trait\u00e9 de 1959, est de 55 milliards de m\u00e8tres cubes pour le premier et de 18,5 milliards pour le second.<\/p>\n<p>Actuellement, le d\u00e9bit est compl\u00e8tement pris par l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique dans le bassin. On pourrait certes augmenter la quantit\u00e9 en compl\u00e9tant quelques projets inachev\u00e9s en amont, mais il faudra n\u00e9anmoins trouver de nouvelle sources d\u2019eau pour irriguer les terres s\u00e8ches du bas Nil. En effet, m\u00eame en construisant tous les barrages pr\u00e9vus sur le syst\u00e8me du Nil, en capturant davantage d\u2019eau et en augmentant la production hydro-\u00e9lectrique, les parts d\u2019eau et d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, par t\u00eate et par kilom\u00e8tre, ne suffiront pas \u00e0 soutenir des \u00e9conomies en croissance.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi la nouvelle source essentielle d\u2019eau et d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, dans toute l\u2019Afrique du Nord et le Proche Orient, doit venir des \u00ab\u00a0nuplexes\u00a0\u00bb. Il s\u2019agit de complexes agro-industriels aliment\u00e9s par une centrale nucl\u00e9aire modulaire, et comprenant des installations modernes de dessalement de l\u2019eau de mer et des projets industriels et agricoles.<\/p>\n<p>Un projet de nuplexe \u00e0 installer sur la M\u00e9diterran\u00e9e pr\u00e8s d\u2019Alexandrie fut propos\u00e9 en 1988 et discut\u00e9 par des membres du gouvernement \u00e9gyptien, notamment le ministre de l\u2019Electricit\u00e9 Maher Abaza, mais n\u2019eut pas de suite.<\/p>\n<p>Des nuplexes situ\u00e9s sur la mer Rouge pour le Soudan et sur la M\u00e9diterran\u00e9e ou le canal de Suez pour l\u2019Egypte fourniraient d\u2019abondantes quantit\u00e9s d\u2019\u00e9nergie et d\u2019eau pour transformer la r\u00e9gion. La cr\u00e9ation de fleuves et de lacs artificiels serait le point de d\u00e9part de nouvelles villes et r\u00e9gions agro-industrielles.<\/p>\n<p>Entre-temps, en attendant la mise en place des nuplexes, il faudrait exploiter les eaux souterraines dont la pr\u00e9sence a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par des images par satellite et v\u00e9rifi\u00e9e par des \u00e9quipes de g\u00e9ologues sur place. La Libye se sert actuellement d\u2019une partie de l\u2019eau se trouvant sous le Sahara pour alimenter son tunnel baptis\u00e9 le \u00ab\u00a0Grand fleuve artificiel\u00a0\u00bb qui la transporte vers le Nord.<\/p>\n<h4 class=\"spip\">Le projet Toshka<\/h4>\n<p>Le projet Toshka fut officiellement inaugur\u00e9 le 9 janvier 1997 par le pr\u00e9sident Hosni Moubarak, exactement 37 ans jour pour jour apr\u00e8s la c\u00e9r\u00e9monie d\u2019ouverture du Haut Barrage d\u2019Assouan. Il s\u2019agit d\u2019un nouveau canal, partant d\u2019un point pr\u00e8s de la d\u00e9pression de Toshka, qui devra transporter des eaux d\u00e9vi\u00e9es du Nil sur 310 km vers de nouvelles communes dans le d\u00e9sert.<\/p>\n<p>Le projet consiste \u00e0 cr\u00e9er des centres urbains dans la partie centrale du D\u00e9sert occidental, gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9cup\u00e9ration de 420 000 hectares de terres qui seront rendus arables et irrigu\u00e9s par des sources souterraines ou par de l\u2019eau venant du Nil. Cette derni\u00e8re sera pomp\u00e9e \u00e0 partir d\u2019une station sur le lac Nasser, l\u00e9g\u00e8rement au nord de Toshka, et suivra un trac\u00e9 que certains g\u00e9ologues croient \u00eatre l\u2019ancienne branche occidentale du Nil. C\u2019est le long des nappes phr\u00e9atiques souterraines que couleront, selon les projets actuels du gouvernement \u00e9gyptien, les 5000 millions de m\u00e8tres cubes d\u2019eau pris annuellement du lac Nasser.<\/p>\n<p>La station \u00e9lectrique de pompage sera la plus grande du monde et son co\u00fbt total est estim\u00e9 entre 300 et 400 millions de dollars.<\/p>\n<p>Au cours des ann\u00e9es 70, l\u2019Egypte avait lanc\u00e9 un programme de \u00ab\u00a0villes nouvelles\u00a0\u00bb destin\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er de nouveaux centres urbains en dehors des limites de la vall\u00e9e du Nil. Huit villes \u00e9taient projet\u00e9es sur un arc allant d\u2019Alexandrie \u00e0 Suez en passant par le Caire. Le projet initial pr\u00e9voyait des millions d\u2019habitants dans ces villes au seuil du XXI\u00e8me si\u00e8cle. Mais la crise \u00e9conomique mondiale, ainsi que les effets de la politique du FMI sur l\u2019\u00e9conomie \u00e9gyptienne, ont effectivement emp\u00each\u00e9 ce processus d\u2019expansion. Actuellement, des dizaines de milliers de personnes travaillant dans les nouvelles villes doivent faire la navette tous les matins et soirs entre leur lieu de travail et Le Caire ou Alexandrie.<\/p>\n<p>Signalons un autre projet dont les Egyptiens r\u00eavent depuis des si\u00e8cles, celui consistant \u00e0 ma\u00eetriser la d\u00e9pression de Qatarra, un vaste bourbier long de 250 km, rempli d\u2019eau stagnante, \u00e0 quelque 50 km de la c\u00f4te m\u00e9diterran\u00e9enne. Une proposition int\u00e9ressante consiste \u00e0 creuser un canal depuis la M\u00e9diterran\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 une distance situ\u00e9e \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de la d\u00e9pression, puis de transporter le d\u00e9bit par tunnel jusqu\u2019\u00e0 l\u2019escarpement o\u00f9 il formera une chute d\u2019eau dont la force serait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par une centrale hydraulique. On pourrait envisager d\u2019y installer la technologie de dessalement par membrane \u00e0 l\u2019aide de laquelle l\u2019eau peut se dessaler en chutant, avec la pression voulue, sur des films sp\u00e9ciaux.<\/p>\n<h4 class=\"spip\">Le Soudan<\/h4>\n<p>A la diff\u00e9rence de l\u2019Egypte, le Soudan dispose de vastes ressources de terres fertiles inutilis\u00e9es et d\u2019eau. Actuellement, seulement 8,5% des terrains agricoles potentiels sont cultiv\u00e9s. Au moins 81 millions d\u2019hectares en plus pourraient facilement servir pour l\u2019agriculture, soit l\u2019\u00e9quivalent de la moiti\u00e9 des hectares cultivables aux USA. En outre, le Soudan est dot\u00e9 de 88 millions d\u2019hectares de for\u00eats et de 23 millions hectares de p\u00e2turages.<\/p>\n<p>Sur les 6,8 millions d\u2019hectares actuellement cultiv\u00e9s, seulement 1,7 millions sont irrigu\u00e9s, le reste (5,1 millions) d\u00e9pendant enti\u00e8rement des pluies. Le rendement agricole est donc \u00e0 la merci des pr\u00e9cipitations annuelles, lesquelles peuvent varier de 40%. La m\u00e9canisation de l\u2019agriculture, l\u2019utilisation des engrais, de meilleures installations de stockage, etc., permettraient de r\u00e9duire les fluctuations.<\/p>\n<h4 class=\"spip\">Le canal de Jonglei<\/h4>\n<p>Dans la r\u00e9gion mar\u00e9cageuse du Sudd, o\u00f9 s\u2019infiltrent les eaux du haut Nil Blanc, dans l\u2019Etat de Jonglei, on peut voir un canal semi-achev\u00e9 long de 180 km qui repr\u00e9sente le segment nord de ce qui devrait \u00eatre le canal de Jonglei. Une fois achev\u00e9, celui-ci se remplira d\u2019une partie de l\u2019eau qui entrerait normalement dans le Sudd pour l\u2019envoyer sur 360 km de Bor \u00e0 Malakal. Il apporterait des b\u00e9n\u00e9fices incomparables \u00e0 la r\u00e9gion proche, mais aussi aux terrains situ\u00e9s en aval.<\/p>\n<p>Le creusement du canal avait commenc\u00e9 en 1978, suite \u00e0 un accord sign\u00e9 entre le gouvernement soudanais et une firme fran\u00e7aise d\u2019ing\u00e9nierie, la Compagnie des constructions internationales. Une c\u00e9l\u00e8bre excavatrice, dite la \u00ab\u00a0roue-pelle\u00a0\u00bb, fut import\u00e9e du Pakistan o\u00f9 elle avait creus\u00e9 le canal entre Chasma et Jhelum. C\u2019est le plus grand engin de ce type dans le monde, il p\u00e8se plus de 2000 tonnes. Douze \u00e9normes pelles (trois m\u00e8tres cubes chacune), suspendues \u00e0 une roue (12,5 m\u00e8tres de diam\u00e8tre), creusent la terre puis la d\u00e9posent sur une courroie de transmission, qui la d\u00e9pose \u00e0 son tour sur la rive. En 1981, alors qu\u2019elle tournait 24 heures par jour \u00e0 pleine capacit\u00e9, elle avan\u00e7ait de 2 km par semaine. Mais aujourd\u2019hui, la roue-pelle est stationn\u00e9e, inactive, dans le Jonglei.<\/p>\n<p>Depuis 1984, les travaux sur le canal ont \u00e9t\u00e9 suspendus suite aux activit\u00e9s de groupes insurrectionnels et \u00e0 l\u2019opposition politique aux projets de d\u00e9veloppement. En 1994, le pr\u00e9sident soudanais Omar el-Bachir r\u00e9it\u00e9rait la volont\u00e9 de son gouvernement de compl\u00e9ter le projet, mais il reste bloqu\u00e9 pour des raisons politiques.<\/p>\n<p>Il est pr\u00e9vu de pr\u00e9lever du Haut Nil blanc 25 millions de m\u00e8tres cubes d\u2019eau par jour pr\u00e8s de Bor et de les transporter \u00e0 Malakal. De cette fa\u00e7on, le d\u00e9bit du Nil \u00e0 la hauteur d\u2019Assouan sera augment\u00e9 de 3,8 milliards de m\u00e8tres cubes par an, compte tenu des pertes. En m\u00eame temps, la canalisation des eaux du Nil blanc permettrait de r\u00e9duire d\u2019environ 36% les marais du Sudd.<\/p>\n<p>La largeur du canal varierait de 28 \u00e0 50 m\u00e8tres et sa profondeur de quatre \u00e0 sept m\u00e8tres, de fa\u00e7on \u00e0 \u00eatre navigable. On entend construire une route en parall\u00e8le au canal et, parmi les projets annexes, il y a des cales, ponts, ferry-boats et travaux de g\u00e9nie civil.<\/p>\n<p>Des propositions de construction d\u2019un canal dans le Jonglei remontent \u00e0 plusieurs g\u00e9n\u00e9rations. Pendant la p\u00e9riode coloniale aussi, les ing\u00e9nieurs \u00e9taient enthousiasm\u00e9s par cette perspective mais, \u00e0 chaque \u00e9tape d\u00e9cisive, l\u2019initiative \u00e9tait bloqu\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette page, est consacr\u00e9e aux projets pour l&rsquo;Afrique. 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