{"id":1078,"date":"2012-10-29T00:21:59","date_gmt":"2012-10-28T23:21:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.odilemojon.fr\/?p=1078"},"modified":"2013-01-14T08:33:21","modified_gmt":"2013-01-14T07:33:21","slug":"le-temps-de-la-reconversion-a-sonne-pour-les-banques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.odilemojon.com\/?p=1078","title":{"rendered":"L&rsquo;heure de la reconversion a sonn\u00e9 pour les banques &#8211; Le cas d&rsquo;UBS"},"content":{"rendered":"<p>Le 19 septembre dernier, on apprenait que le si\u00e8ge parisien d&rsquo;UBS, la premi\u00e8re banque suisse, avait \u00e9t\u00e9 perquisitionn\u00e9 (Le Monde, 19 septembre 2012) par une dizaine d&rsquo;enqu\u00eateurs du service national de douane dans le cadre d&rsquo;une enqu\u00eate men\u00e9e par le juge d&rsquo;instruction Guillaume Da\u00efeff. Selon Le Monde, deux personnes avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mises en examen suite \u00e0 d&rsquo;autres perquisitions remontant au mois de juin qui visaient les filiales strasbourgeoise, lyonnaise et bordelaise de la banque.<\/p>\n<p>On aurait pu s&rsquo;attendre, compte-tenu des implications de cette affaire, \u00e0 ce que ces perquisitions et surtout celle du si\u00e8ge d&rsquo;UBS \u00e0 Paris suscitent de nombreuses r\u00e9actions mais il n&rsquo;en a rien \u00e9t\u00e9 !<\/p>\n<p>Pourtant, quelques jours auparavant, le 10 septembre, d\u00e9butait \u00e0 Londres le proc\u00e8s de Kweku Adoboli, l&rsquo;ancien trader d&rsquo;UBS accus\u00e9 d&rsquo;avoir fait perdre 2,3 milliards de dollars (1,8 milliard d&rsquo;euros) \u00e0 la banque en 2011. Le 12 septembre, on apprenait que Bradley Birkenfeld, banquier am\u00e9ricain et g\u00e9rant de fortune aux Etats-Unis pour UBS, avait re\u00e7u pour prix de sa collaboration avec l&rsquo;IRS\u00a0 (le fisc am\u00e9ricain) une r\u00e9compense de 80 millions d&rsquo;euros (104 millions de dollars).<\/p>\n<p>UBS se serait volontiers pass\u00e9e de toute cette agitation mais le vers \u00e9tait depuis longtemps dans la pomme et, comme nous l&rsquo;indiquait avec col\u00e8re un ancien directeur d&rsquo;UBS horrifi\u00e9 par la d\u00e9rive \u00e9thique et professionnelle de son ex-employeur, les choses auraient\u00a0 commenc\u00e9 \u00e0 se g\u00e2ter quand la direction d&rsquo;UBS (en particulier sous la direction de Marcel Ospel) abandonna le \u00ab\u00a0mod\u00e8le helv\u00e9tique\u00a0\u00bb de gestion pour jouer plus anglo-saxon que Wall Street et la City r\u00e9unis. Le r\u00e9sultat, certes paradoxal (en d\u00e9pit des relations amicales entre le patron am\u00e9ricain d\u2019UBS Robert Wolf\u00a0 et Barack Obama*), est qu&rsquo;UBS se retrouve\u00a0 aujourd&rsquo;hui dans le collimateur de la justice am\u00e9ricaine !<\/p>\n<p>Les nouvelles pratiques ne pouvaient en r\u00e9alit\u00e9 que pr\u00e9luder au scandale actuel. Faut-il rappeler les soup\u00e7ons tenaces qui entachent la r\u00e9putation de Marcel Ospel et suscitent un fort ressentiment de la part des Suisses dans la faillite de la compagnie a\u00e9rienne Swissair qui fut oblig\u00e9e de d\u00e9poser son bilan apr\u00e8s le refus d&rsquo;UBS de lui accorder un pr\u00eat \u00e0 un moment critique ? Faut-il rappeler la perte des 20 milliards de francs suisses suite \u00e0 la crise des subprimes am\u00e9ricains en 2007 et son \u00ab\u00a0sauvetage\u00a0\u00bb gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;introduction \u00e0 hauteur de 10% du fond souverain GIC de Singapour dans le capital d&rsquo;UBS ?<\/p>\n<p><strong>UBS et l&rsquo;industrie de l&rsquo;\u00e9vasion fiscale<\/strong><\/p>\n<p>Dans ce contexte, l&rsquo;ouvrage du journaliste Antoine Peillon publi\u00e9 en mars 2012 \u00ab\u00a0Ces 600 milliards qui manquent \u00e0 la France\u00a0\u00bb (Ed. du Seuil) ajoute encore au discr\u00e9dit d\u2019UBS.<\/p>\n<p>L&rsquo;enqu\u00eate de Peillon porte sur la mise en place par celle-ci de m\u00e9canismes sophistiqu\u00e9s destin\u00e9s \u00e0 attirer l&rsquo;argent des fortunes fran\u00e7aises vers ses coffres. Il montre que le g\u00e9ant bancaire serait responsable \u00e0 lui seul de la soustraction au fisc fran\u00e7ais de 85 millions d\u2019euros par an, les sp\u00e9cialistes consult\u00e9s par l\u2019auteur estimant que les sommes qui \u00e9chappent au fisc gr\u00e2ce \u00e0 la fraude fiscale (tous op\u00e9rateurs confondus) repr\u00e9senteraient l\u2019\u00e9quivalent de la recette fiscale annuelle et, m\u00eame, presque cinq fois le montant du produit de l\u2019imp\u00f4t sur le revenu de 2010 (p.29).<\/p>\n<p>A l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne, la masse des avoirs et dividendes non d\u00e9clar\u00e9s avoisinerait presque 10% de la richesse priv\u00e9e des nations europ\u00e9ennes (p.36). Et de citer le Boston Consulting Group et l&rsquo;\u00e9conomiste Gabriel Zucman qui estiment \u00e0 2275 milliards d&rsquo;euros les sommes qui n&rsquo;entrent pas dans les comptes de l&rsquo;Europe. Ainsi, rien que pour la Suisse, la part des richesses europ\u00e9ennes plac\u00e9es sous le secret bancaire se monterait \u00e0 743 milliards d&rsquo;euros !<\/p>\n<p>Selon Gabriel Zucman : \u00ab\u00a0Pour l&rsquo;Europe, cela produit l&rsquo;id\u00e9e absurde que cette r\u00e9gion du monde est pauvre, endett\u00e9e vis-\u00e0-vis de pays \u00e9mergents comme la Chine, alors qu&rsquo;elle est encore la plus riche de la plan\u00e8te ! Si la richesse manquante, masqu\u00e9e, revenait \u00e0 sa source, on am\u00e9liorerait beaucoup l&rsquo;imp\u00f4t et cela contribuerait \u00e0 r\u00e9soudre de fa\u00e7on substantielle les probl\u00e8mes de financements publics. Cela ferait partie des solutions \u00e0 la fameuse dette publique\u00a0\u00bb. C&rsquo;est \u00e9videmment un angle important de ce qui est en r\u00e9alit\u00e9 un syst\u00e8me de corruption global qui, en amont, d\u00e9truit l\u2019\u00e9conomie physique et d\u00e9pouille les Etats de tout levier d\u2019action.<br \/>\n<strong><\/strong><\/p>\n<p><strong><!--more--><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>La \u00ab\u00a0vache \u00e0 lait\u00a0\u00bb fran\u00e7aise<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\nLa France, tout comme l\u2019Allemagne et l\u2019Italie, constitue un \u00ab\u00a0fromage\u00a0\u00bb de choix suscitant la convoitise des professionnels de l\u2019\u00e9vasion fiscale qui jouent sur du velours en instrumentalisant la cupidit\u00e9 des fortunes fran\u00e7aises qui, si elles ne sont pas les derni\u00e8res \u00e0 profiter des infrastructures performantes du pays pay\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;imp\u00f4t de tous les Fran\u00e7ais, se pr\u00e9cipitent pour mettre leurs \u00ab\u00a0sous\u00a0\u00bb hors d&rsquo;atteinte de l&rsquo;Etat.<br \/>\nIl semblerait qu&rsquo;UBS se soit cependant particuli\u00e8rement distingu\u00e9e dans la collecte de cette manne avec une approche aussi agressive que n\u00e9gligente de la loi. La pratique du \u00ab\u00a0carnet de lait\u00a0\u00bb, une comptabilit\u00e9 occulte destin\u00e9e \u00e0 camoufler des mouvements de capitaux entre la France et la Suisse, en dit long sur la complicit\u00e9, consentie ou impos\u00e9e, des employ\u00e9s d&rsquo;UBS. Ce syst\u00e8me permettait d&rsquo;enregistrer des ouvertures de comptes non d\u00e9clar\u00e9s et de garder une trace des op\u00e9rations men\u00e9es en toute ill\u00e9galit\u00e9 sur le sol fran\u00e7ais par les charg\u00e9s d&rsquo;affaires suisses d&rsquo;UBS, ceci en dehors de toute comptabilit\u00e9 officielle, afin, notamment, de calculer leur bonus de fin d&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 les choses se g\u00e2tent, c&rsquo;est quand transpara\u00eet l&rsquo;invraisemblable complaisance des autorit\u00e9s fran\u00e7aises \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de cette \u00e9vasion fiscale d\u2019autant plus que celles-ci ont toujours profess\u00e9 vouloir lutter contre cette pratique. On se souvient, en particulier, des d\u00e9clarations martiales de Nicolas Sarkozy \u00e0 la veille du sommet du G20 de septembre 2009 \u00e0 Pittsburgh quand il annon\u00e7ait la mort des paradis fiscaux.<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait juste apr\u00e8s l\u2019annonce spectaculaire d&rsquo;Eric Woerth, en ao\u00fbt 2009, qui affirmait poss\u00e9der une liste de 3000 ressortissants fran\u00e7ais d\u00e9tenteurs de comptes non-d\u00e9clar\u00e9s en Suisse et mena\u00e7ait de l&rsquo;exploiter pour forcer ceux-ci \u00e0 se d\u00e9clarer au fisc. Les conditions d&rsquo;obtention de cette liste\u00a0 provenant de la HSBC avaient cr\u00e9\u00e9 la pol\u00e9mique et les le\u00e7ons de morale du ministre du Budget \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la Suisse avaient \u00e9t\u00e9 d&rsquo;autant plus mal per\u00e7ues sur les bords du L\u00e9man que son \u00e9pouse, Florence Woerth, \u00e9tait bien connue pour \u00eatre active sur la place de Gen\u00e8ve dans la gestion des affaires financi\u00e8res de Mme Bettencourt.<\/p>\n<p><strong>Convergences d&rsquo;int\u00e9r\u00eats au sommet<\/strong><\/p>\n<p>Dans ce contexte, on peut comprendre que les fonctionnaires des agences en charge de la lutte contre le blanchiment de l&rsquo;argent sale et les fraudes \u00e9conomiques aient \u00e9t\u00e9 quelque peu irrit\u00e9s par ce spectacle, eux dont les enqu\u00eates se heurtaient \u00e0 un blocage syst\u00e9matique pour garantir qu&rsquo;elles n&rsquo;aboutissent pas.<\/p>\n<p>Antoine Peillon d\u00e9crit dans son ouvrage une sc\u00e8ne digne d&rsquo;un roman d&rsquo;espionnage, le 2 d\u00e9cembre 2011 dans les locaux de la DCRI (Direction centrale du renseignement int\u00e9rieur) o\u00f9 l&rsquo;on se livrait, comme il le d\u00e9crit, depuis une semaine d\u00e9j\u00e0 \u00e0 une \u00ab\u00a0furia de destruction de documents et de CD-Rom\u00a0\u00bb (p.45). Cette sc\u00e8ne est telle qu\u2019elle r\u00e9volte\u00a0 un haut fonctionnaire du renseignement int\u00e9rieur qui en a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin et l\u2019am\u00e8ne \u00e0 sortir de sa r\u00e9serve face \u00e0 cette moquerie des droits fondamentaux auquel se livre le gouvernement,\u00a0 \u00ab\u00a0ce qui le conduit \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler &#8211; documents class\u00e9s \u00ab\u00a0secret d\u00e9fense\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;appui &#8211; le double scandale de l&rsquo;\u00e9vasion fiscale et de son impunit\u00e9. Car, si plusieurs officiers de la DCRI ont enqu\u00eat\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9vasion fiscale orchestr\u00e9e par UBS en France, l&rsquo;objectif de leur investigation \u00e9tait, en r\u00e9alit\u00e9, de pr\u00e9venir tout risque de poursuites judiciaires.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il aura donc fallu une v\u00e9ritable r\u00e9bellion de quelques individus, au sein de la DCRI et d&rsquo;autres agences, d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 faire pr\u00e9valoir le droit l\u00e0 o\u00f9 leurs enqu\u00eates avaient d\u00e9montr\u00e9 sur la base de preuves accablantes la nature ill\u00e9gale des agissements d&rsquo;UBS, pour que la donne commence \u00e0 changer et que la justice entre en jeu.<\/p>\n<p>Celle-ci engagera finalement des proc\u00e9dures, le changement de locataire \u00e0 l\u2019Elys\u00e9e n\u2019y \u00e9tant peut-\u00eatre pas \u00e9tranger. On ne sera pas \u00e9tonn\u00e9 d&rsquo;apprendre que la raison derri\u00e8re la protection dont b\u00e9n\u00e9ficiaient jusque-l\u00e0 le premier cercle des fraudeurs fiscaux \u00e9taient que ceux-ci soutenaient, par le biais de cotisations en esp\u00e8ces ou par leur influence, le parti du pouvoir en place : \u00ab\u00a0Conna\u00eetre, le plus en amont possible, les d\u00e9lits des riches et des puissants &#8211; cela va souvent ensemble &#8211; permet des n\u00e9gociations s\u00e9rieuses et pr\u00e9cises sur les contreparties attendues en \u00e9change d&rsquo;une solide et confidentielle immunit\u00e9 fiscale (p.57).\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et, comme l&rsquo;on est jamais si bien servi que par soi-m\u00eame :\u00a0 \u00ab\u00a0Les m\u00eames anciens du \u00ab\u00a0Premier cercle\u00a0\u00bb genevois de soutien du candidat Sarkozy \u00e0 la pr\u00e9sidentielle de 2007 aiment bien \u00e9voquer aussi l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 leur ex-champion, alors avocat d&rsquo;affaires, accompagnaient certains de ses clients tr\u00e8s fortun\u00e9s sur les rives du lac L\u00e9man, m\u00eame apr\u00e8s qu&rsquo;il eut \u00e9t\u00e9 \u00e9lu maire de Neuilly-sur-Seine- en 1983, puis d\u00e9put\u00e9, en 1988, puisqu&rsquo;il ouvrit son propre cabinet en 1987 avec deux associ\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Changement : qui fera le premier pas ?<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\nCe que montre cette affaire &#8211; en r\u00e9alit\u00e9 extr\u00eamement banale dans la corruption g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e qui est au c\u0153ur de notre \u00ab\u00a0syst\u00e8me\u00a0\u00bb &#8211; c&rsquo;est que l&rsquo;on touche aux limites d&rsquo;un mod\u00e8le. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 des milieux, en France, proches du pouvoir, qui donnent des le\u00e7ons de morale tout en faisant fonctionner le syst\u00e8me \u00e0 leur profit dans le souci de p\u00e9renniser leur statut social et leur pourvoir. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, un syst\u00e8me aussi lucratif qu&rsquo;autodestructeur, que symbolise ici UBS, et qui, c\u00f4t\u00e9 Suisse, semble \u00e9galement toucher \u00e0 ses limites.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Hollande a fait du \u00ab\u00a0Changement maintenant\u00a0\u00bb le th\u00e8me de sa campagne. Cinq mois apr\u00e8s son \u00e9lection c&rsquo;est le \u00ab\u00a0D\u00e9senchantement maintenant\u00a0\u00bb et une mainmise f\u00e9roce de l&rsquo;industrie bancaire fran\u00e7aise sur la pr\u00e9sidence.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la Suisse, qu&rsquo;elle le veuille ou pas, elle se trouve \u00e0 la crois\u00e9e des chemins. La crise commence \u00e0 pr\u00e9lever son tribut sur la sant\u00e9 \u00e9conomique du pays et les pertes d&#8217;emplois commencent \u00e0 entrer dans le paysage social comme partout ailleurs. C&rsquo;est le cas notamment pour le secteur bancaire et tout particuli\u00e8rement UBS qui s&rsquo;appr\u00eaterait \u00e0 licencier plusieurs milliers d&#8217;employ\u00e9s**. Par ailleurs, personne n&rsquo;y contestera le fait que le secret bancaire est condamn\u00e9 \u00e0 plus ou moins br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance car la place financi\u00e8re helv\u00e9tique est sous le feu d&rsquo;int\u00e9r\u00eats anglo-saxons qui veulent favoriser la croissance de rivales enti\u00e8rement sous leur coupe, telles que Singapour ou Duba\u00ef.<\/p>\n<p>Aussi, la question se pose-t-elle \u00e0 la Suisse de choisir le mod\u00e8le sur lequel elle entend construire son avenir. Les discussions qui ont lieu en coulisse concernant la possibilit\u00e9 d&rsquo;une s\u00e9paration des banques en deux entit\u00e9s distinctes, sur le mod\u00e8le du Glass Steagall de F.D. Roosevelt, indiquent qu&rsquo;il y a une conscience de la gravit\u00e9 et de l&rsquo;urgence de la situation. Plusieurs grandes banques ont elles-m\u00eames engag\u00e9es une r\u00e9flexion en interne sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une s\u00e9paration de leurs activit\u00e9s. Mais il faut aller plus loin et proposer le vrai Glass Steagall c&rsquo;est-\u00e0-dire une s\u00e9paration herm\u00e9tique entre les \u00e9tablissements banques de d\u00e9p\u00f4ts et les \u00e9tablissements banques d&rsquo;affaires. Les discussions sur le Glass Steagall devraient \u00eatre pouss\u00e9es et rendues publiques.<br \/>\nMieux, les citoyens devraient se saisir de cette occasion pour proposer une votation exigeant la mise en place d&rsquo;un Glass Steagall.<br \/>\nAinsi la Suisse, avec le poids de son industrie financi\u00e8re, sonnerait la fin de partie du casino sp\u00e9culatif qui ruine nos \u00e9conomies et nos pays et donnerait le signal d&rsquo;une place financi\u00e8re engag\u00e9e dans une nouvelle \u00e9conomie au service de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p><em>* Robert Wolf, \u00e9tait le patron d\u2019UBS Investment Bank pour les Etats-Unis. Bien qu\u2019ayant quitt\u00e9 r\u00e9cemment la banque, il reste un conseiller r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Proche d\u2019Obama avec qui il joue au golf, il s\u2019\u00e9tait activ\u00e9 pour la\u00a0 collecte de fond de sa campagne de 2008 et continue probablement pour la campagne actuelle.<\/em><\/p>\n<p><em>** On sait depuis lors que 10.000 emplois vont \u00eatre supprim\u00e9s dans le cadre d&rsquo;un changement de strat\u00e9gie d&rsquo;UBS qui annonce une r\u00e9organisation compl\u00e8te des activit\u00e9s de banque d&rsquo;investissements (faut-il pr\u00e9ciser qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas ici d&rsquo;investissements dans l&rsquo;\u00e9conomie physique r\u00e9elle ?). C&rsquo;est \u00e0 Londres et \u00e0 New York qu&rsquo;il y aura le plus grand nombre de perte d&#8217;emplois mais il y aura \u00e9galement 2500 postes en moins \u00e0 Zurich. Avec ce changement de strat\u00e9gie, n&rsquo;est-ce pas l\u00e0, de mani\u00e8re pragmatique et certes limit\u00e9e, l&rsquo;aveu que l&rsquo;\u00e9tat de d\u00e9composition de l&rsquo;\u00e9conomie impose une reconversion des banques ?<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 19 septembre dernier, on apprenait que le si\u00e8ge parisien d&rsquo;UBS, la premi\u00e8re banque suisse, avait \u00e9t\u00e9 perquisitionn\u00e9 (Le Monde, 19 septembre 2012) par une dizaine d&rsquo;enqu\u00eateurs du service national de douane dans le cadre d&rsquo;une enqu\u00eate men\u00e9e par le juge d&rsquo;instruction Guillaume Da\u00efeff. 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