Au nom d’une vision très personnelle de la doctrine Monroe, les Etats-Unis de Donald Trump ont envahit le Venezuela et kidnappé le président en exercice Nicolas Maduro, une action qui a provoqué beaucoup d’indignation et d’inquiétude à l’échelle internationale. Contrairement aux calculs des stratèges américains, cette action démentielle ne pourra que se retourner contre les Etats-Unis. C’est déjà le cas tant elle manifeste un mépris absolu pour la communauté internationale et les règles du droit qui, bon an mal an, empêchent le monde de basculer dans la guerre de tous contre tous.
Si l’administration Trump a bien fait comprendre qu’il agissait au nom du rôle de « boss » qu’il attribue aux Etats-Unis dans l’hémisphère sud des Amériques, son désir de provoquer un changement de régime en Iran et sa volonté d’annexer le Groenland montre s’il en était besoin qu’il ne se donne aucune limites, sauf celles de la force brute, dans sa conception d’être le « maître du monde » partout il lui sied d’en exercer les prérogatives.
L’Union africaine (UA) ne s’y est pas trompée en publiant le 3 janvier un communiqué, mis en ligne sur son site internet , dans lequel elle fait part de sa « vive préoccupation » concernant les attaques militaires contre les institutions vénézuéliennes et l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse.
Elle a également exprimé son soutien aux principes du droit international – le respect de la souveraineté des États et de leur intégrité territoriale, tels que stipulés dans la Charte des Nations Unies. Elle a en outre exhorté les nations à dialoguer et à respecter les cadres constitutionnels tout en manifestant sa solidarité avec le peuple vénézuélien. Enfin, elle a appelé toutes les parties concernées à « faire preuve de retenue, de responsabilité et de respect du droit international afin de prévenir toute escalade et de préserver la paix et la stabilité régionales ».
D’autres pays africains ont également réagit à ce développement dramatique. Le 4 janvier, le gouvernement du Ghana a publié une déclaration se disant alarmé et déplorant l’invasion militaire américaine du Venezuela. Il a souligné que cette action viole les principes du droit international inscrits dans la Charte des Nations Unies et a insisté sur le fait que les propos du président américain Donald Trump concernant la « domination » des États-Unis sur le Venezuela « rappellent l’ère coloniale et impérialiste. Ils créent un dangereux précédent pour l’ordre mondial. De telles ambitions coloniales n’ont pas leur place dans l’après-Seconde Guerre mondiale. »
Au Burkina Faso, le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a également condamné la frappe contre le Venezuela et la capture de Maduro par les États-Unis, les qualifiant de violation de la Charte des Nations Unies et de la souveraineté vénézuélienne, comme le rapporte Africa View Facts .
Il est toutefois assez étonnant de trouver dans les pays occidentaux des voix qui soutiennent cette politique d’agression qui, si elle venait à se pérenniser, signifierait le retour de la loi du plus fort, c’est-à-dire une conception dont la logique ultime implique l’effondrement de tout ce qui constitue une société humaine évoluée. Le cas du génocide à Gaza mené par Netanyahou, main dans la main avec son grand ami Trump, est une illustration glaçante ce que cela signifie, concrètement. Rappelons également que cette conception géopolitique est aussi celle qui nous mène tout droit vers la « destruction mutuelle assurée » avec le potentiel d’annihilation pur et simple de l’humanité.
