L’Afrique en mouvement, la France sur la touche

L’Afrique est en pleine mutation. Le monde occidental (la France en particulier), ne l’a pas vu venir ou plutôt a préféré se crever les yeux pour ne pas le voir. Pire, alors que tous les signes – à commencer par l’évidente aspiration des peuples africains à s’affranchir « pour de vrai » des puissances coloniales – il s’est opposé de toutes ses forces à ce que ce vaste continent trouve les moyens de son indispensable développement. L’Afrique a donc cherché légitimement ses propres colloborations avec d’autres acteurs que les déçus du néo-colonialisme fustigeront comme ayant une relation « intéressée » avec elle.

Evidemmment, le monde occidental crie au voleur en accusant ces nouveaux acteurs de pratiquer ce que, en réalité, ils ont eux-mêmes fait pendant des décennies. Ils oublient de dire, notamment à propos de la Chine qui se caractériserait par sa détermination à tromper l’Afrique, qu’elle n’entreprend que ce que nous avons sciemment refuser d’entreprende puisque notre objectif n’était pas d’oeuvrer à un partenariat « gagnant/gagnat » mais de maintenir ad aeternam un système de prédation destiné tant à maintenir une situation de molopole qu’à enrichir ce que nous appelerons la « mafia de la Françafrique ». Bref, là où nous avons pensé en termes de petits projets (au demeurant parfois utiles) calibrés pour ne rien changer des grands « équilibres » politico-économiques en notre faveur, ces nouveaux partenaires réalisent ces infrastructures de base sans lesquelles rien ne peut se faire et qui d’orer et déjà métamorphosent le continent africain. Ils en profiteront certainement, en créant de nouveaux marchés pour leurs produits, tout comme les pays africains en profiteront certainement en développant des pans entier de leur économie : transport, énergie, agriculture, espace, technologies de pointe, recherche, éducation, etc.

La France aurait eu tous les moyens de mettre ses capacités, son ingéniosité et son savoir-faire avec des pays qui n’attendaient que cela. Nous avons préféré défendre un système inique en fin de course sans qu’ aucune remise en cause de fond ne semble avoir été sérieusement amorcée. Pire encore, la France fait l’objet d’accusation quant à l’aide qu’elle apporterait pour désasbiliser les pays du Sahel.

Pendant ce temps, d’autres pays européens ont choisi une approche différente, plus pragmatique, à l’instar de l’Allemagne où des associations d’industriels ont élaboré une stratégie mûrement réfléchie de conquête des marchés africains. On peut facilement imaginer que le savoir-faire de l’industrie allemande et la compétence de ses ingénieurs séduiront les jeunes générations de leaders africains impatients de voir leur pays entrer de plein pied dans le 21ème siècle.

Ci-dessous, voici trois exemples de grands projets transformateurs dont les deux premiers dans des domaines où la France brillait par son excellence.

En conclusion : s’il est nécessaire de tirer les leçons des changements de paradigme en cours, ce n’est pas pour larmoyer sur ce que nous avons été incapables de faire et sur le manque de clairvoyance d’une classe dirigeante hors sol, mais pour redéfinir les priorités et la mission de la France, notamment en ce qui concerne notre engagement à participer aux grandes métamorphoses internationales.

Le Ghana fait le choix de l’énergie nucléaire, avec le soutien de la Chine et des États-Unis

L’Afrique écrit une nouvelle page de son histoire énergétique : le Ghana, pays le plus avancé du continent dans le domaine du nucléaire, vient de sceller des partenariats majeurs avec la Chine et les États-Unis. Une avancée spectaculaire, annoncée le 6 mars par News Ghana, qui confirme la détermination du pays à diversifier ses sources d’énergie et à stimuler son développement.

La Chine s’est engagée à construire une centrale nucléaire de 1000 MW d’ici 2034, un projet ambitieux qui bénéficiera de conditions de financement particulièrement avantageuses. De son côté, les États-Unis soutiennent la construction de 12 petits réacteurs modulaires (SMR), pour une capacité totale de 924 MW. Une véritable révolution énergétique se prépare, avec des retombées positives attendues pour toute la région grâce au Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (WAPP). Ce réseau, qui relie 14 pays, permettra de partager les bénéfices de ces nouvelles infrastructures et de renforcer l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest.

Bref, un pas de géant vers l’autonomie énergétique et la croissance économique !

La Tanzanie se lance dans la fabrication de locomotives : une fierté africaine et un symbole de coopération Sud-Sud

L’Afrique innove et se prend en main ! La Tanzania Railways Corporation (TRC) vient de franchir une étape historique en commençant l’assemblage de locomotives diesel-électriques sur son sol. Après l’Afrique du Sud, la Tanzanie devient ainsi le deuxième pays africain à maîtriser cette technologie, mais avec une touche originale : ces locomotives ont été conçues en Malaisie, illustrant la force de la coopération entre pays du Sud.

Ce projet, mené à l’atelier ferroviaire de Pugu à Dar es Salaam, est bien plus qu’une simple avancée technique. Il symbolise la volonté de la Tanzanie de réduire sa dépendance aux importations et de renforcer ses compétences locales. Comme l’a souligné Selemani Kakoso, président de la commission parlementaire sur les infrastructures : « Cette initiative prouve que la Tanzanie a le potentiel pour développer une expertise technique de haut niveau. En investissant dans nos talents locaux, nous pourrons bientôt réaliser des projets encore plus ambitieux ! »

Grâce à ce projet, la Tanzanie ne se contente pas de moderniser son réseau ferroviaire de 2600 km (dont 970 km déjà rénovés) : elle prépare aussi l’avenir avec la construction de plus de 2290 km de voie ferrée à écartement standard, qui reliera le pays à l’Ouganda, au Rwanda et à la République démocratique du Congo. Une belle preuve que l’Afrique avance, ensemble et avec détermination !

Le lac Tanganyika entre dans une nouvelle ère maritime avec une flotte de cargos modernes

C’est une première depuis plus d’un siècle : le 6 mars, le cargo Golden Voyage, long de 70 mètres, a été lancé sur le lac Tanganyika. Ce navire, le quatrième d’une série, marque le début d’une nouvelle ère pour le transport maritime dans la région. Conçus pour transporter jusqu’à 2000 tonnes de marchandises, ces cargos modernes vont faciliter l’exportation de minerais (lithium, cuivre) et de produits agricoles, tout en créant des emplois locaux.

Anthony Poyo, directeur adjoint du port de Krema, ne cache pas son enthousiasme : « Ces navires vont dynamiser le commerce entre la Tanzanie, le Burundi et la RDC, et offrir de nouvelles opportunités économiques aux populations riveraines. » Fabriqués par Gold Voyage Logistics (filiale du groupe chinois Zijin Mining), ces cargos sont assemblés directement sur place à partir de modules construits en Chine, une méthode innovante qui réduit les coûts et accélère la mise en service.

Ce projet s’inscrit dans une vision plus large : la Tanzanie développe un réseau logistique intermodal, incluant une voie ferrée de 110 km reliant le port de Kigoma au nouveau chemin de fer à écartement standard, pour une connexion fluide avec les ports de Dar es Salaam et Tenga. Une belle illustration de la modernisation en marche sur le continent !


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