En plus de précipiter l’engrenage de mort et de destruction que subit l’Asie du Sud-Ouest depuis des décennies, l’attaque israélo-américaine contre l’Iran n’aura réussi à produire que plus de chaos et de souffrance dans cette région, plus d’instabilité à l’échelle mondiale et à créer les conditions d’un effondrement de l’économie et des échanges internationaux. Or, cette guerre avait d’autant moins de raisons d’être (sic) qu’un premier round de négociations entre l’Iran et les Etats-Unis, menées par Oman, venait de se conclure le 26 février à Genève, soit deux jours avant le début de l’offensive, couronné par des concessions très significatives de la part des Iraniens. Une « guerre par choix », c’est ainsi que de l’ont noté de nombreux analystes, a été lancé alors qu’elle était parfaitement évitable.
Ce choix de la guerre ne vient pourtant pas de nulle part. Il a été préparé par les extraordinaires lâcheté et cynisme de la « communauté internationale » – pays occidentaux largement en tête – dans leur soutien de fait à la politique d’extermination entreprise par le régime de Netanyahou contre Gaza. Après avoir été invisibilisé par la communauté internationale, l’horreur sans fin de Gaza est de surcroit invisibilisé par la guerre contre l’Iran.
Dès le moment où le non-respect du droit international entre dans la norme, une étape est franchie jusqu’au prochain effet de seul pouvant se traduire, dans le cas présent, par le déclenchement d’une guerre. C’est ainsi que ce qui s’est passé à Gaza, et maintenant en Cisjordanie, a fait le lit de la guerre contre l’Iran dont rêvait Benjamin Netanyahou depuis des décennies, sans que les « alliés » des Etats-Unis n’essayent même de s’opposer sérieusement à leur dérive.
Car la guerre contre l’Iran relève du construct géopolitique, l’objectif réel transparaissant clairement: la Chine, et plus globalement les BRICS. C’est dans un tel contexte que j’ai répondu à la mobilisation internationale de l’Institut Schiller, relayée par Solidarité et Progrès, pour faire pression sur le Congrès des Etats-Unis au moment il doit voter une résolution dans le cadre du War Powers Act qui l’autorise susprendre le financement de la guerre. Pas d’argent, pas de guerre!
Une copie de cette lettre sera remise à plusieurs des Représentants et Sénateurs du Congrès américain susceptibles de voter contre la guerre.
Objet : Vote du Congrès pour la paix
Je me permets de vous écrire en tant que candidate aux élections législatives françaises pour la 10ème circonscription des Français à l’étranger laquelle, outre une partie de l’Afrique, englobe également le Moyen-Orient, c’est-à-dire une région dont tous les pays sont touchés par des guerres meurtrières qui risquent d’entraîner le monde entier vers le chaos.
D’ores et déjà, la dévastation de cette région ne se limite pas seulement à un coût humain insupportable, elle prépare les conflits de demain en faisant naître la haine et le désir de revanche résultant d’une violence et d’une inhumanité sans précédent. Quant à la guerre israélo-américaine lancée contre l’Iran le 28 février dernier, elle n’a abouti qu’à jeter de l’huile sur le feu avec, pour seul résultat tangible, de précipiter le monde dans une crise économique majeure et de nous rapprocher encore un peu plus du risque de guerre nucléaire avec ce que cela représenterait en terme d’anéantissement de tout ou partie de l’humanité.
Il est un fait établi que cette situation catastrophique n’aurait jamais été possible sans l’implication des Etats-Unis, tant militairement que par un soutien financier, technologique, logistique et de renseignement. Une implication dont on se demande à qui elle profite tant elle nuit à l’image de votre pays et suscite une désapprobation de plus en plus grande au sein même d’une population américaine qui en subit durement les répercussions.
La raison comme la morale la plus élémentaire commandent donc de faire cesser ces guerres et il suffirait pour cela d’en couper le financement. En votre qualité de membre du Congrès, vous avez le pouvoir de le faire, car les pères fondateurs des Etats-Unis ont eu la sagesse d’inclure dans la Constitution des dispositifs pour empêcher le recours injustifié à la guerre. Lorsque le Congrès a eu le courage de voter contre le financement de la guerre du Vietnam, il a fait honneur à cette intention et à cette vision du rôle des Etats-Unis et c’est ce qu’il doit de nouveau faire aujourd’hui.
C’est dans cet esprit et afin d’éviter une tragédie irréparable que je vous appelle solennellement à choisir la paix contre la guerre.
Le Moyen-Orient est victime de sa position géographique et d’enjeux stratégiques qui en découlent. C’est hélas oublier qu’il est aussi le berceau de la civilisation occidentale, le pont entre plusieurs grandes cultures, une terre d’une richesse humaine et culturelle incomparable et que les guerres incessantes qu’il endure détruisent un héritage et une mémoire qui sont aussi ceux de toute l’humanité.
Il est encore temps de stopper le pire mais le point de non-retour approche et c’est pourquoi j’espère de tout coeur que le Congrès de 2027 saura renouer avec le courage qu’il a eu en votant le War Powers Act puis la suppression du financement de la guerre et avec la sagesse des Pères fondateurs des Etats-Unis.
Odile Mojon-Cheminade



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